United Airlines voit enfin le bout du tunnel. Après plusieurs années passées sous l’ombre du Chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, à négocier avec ses créanciers, ses juges, à lutter pour sa survie et se restructurer, la compagnie américaine a tourné le dos au tribunal des faillites et retrouvé le 1er février la lumière de l’indépendance et des lois classiques qui régissent le marché.
Entrée dans ce régime spécial le 9 décembre 2002, United aura mis plus de trois ans à retrouver une profitabilité toute relative. Les décisions ont été lourdes : 25.000 employés licenciés, les salaires et avantages sociaux des autres salariés réduits. Les contrats de leasing ont été renégociés, plus d’une centaine d’appareils de sa flotte a été supprimée et le réseau domestique a été réduit au profit des lignes internationales, plus rentables. Mais le plan de réorganisation a finalement été approuvé le 20 janvier par le tribunal des faillites de Chicago. Celui-ci est entré en vigueur dès lors que United s’est libérée de la tutelle du Chapitre 11.
Les réductions drastiques continuent
Mais les sacrifices n’appartiennent pas au passé. Au contraire, le plan prévoit une réduction des dépenses annuelles de 7 milliards de dollars et une baisse de la dette de 13 milliards de dollars. United va donc devoir poursuivre sa politique draconienne de réduction des coûts, aux dépens de ses employés.
L’une des mesures concerne sa cotation au Nasdaq. United va annuler toutes les actions qui existent actuellement, majoritairement détenues par ses employés, sans remboursement. Elle va ensuite en émettre 125 millions, évaluées à 15 dollars. 8% d’entre elles sont destinés aux 400 cadres dirigeants de la compagnie, le reste reviendra à ses créanciers à hauteur de 4 à 8% du montant de la dette.
Ce plan a aussi des répercutions en France. United Airlines fermera sa base opérationnelle de Roissy CDG le 1er mai. Les quelques 261 agents et navigants rattachés seront mutés à Londres ou à Francfort même si la desserte de la plateforme parisienne est maintenue.
Des résultats toujours déficitaires
Cependant, retrouver des résultats positifs ne va pas être chose aisée au regard de ceux qu’a publiés la compagnie le 27 janvier. Rien qu’au quatrième trimestre 2005, la perte nette frôle les 17 milliards de dollars. Une somme astronomique que Glenn Tilton, le Président de la compagnie, relativise : la majeure partie de cette perte vient des frais de restructuration et des éléments exceptionnels, donc de dépenses qui ne devraient pas être renouvelées. Si l’on ne les prend pas en compte, la perte nette « fond » à 297 millions de dollars. La perte opérationnelle s’élève quant à elle à 182 millions de dollars. Or, il s’agit d’une amélioration par rapport à la même époque de 2004 où elle atteignait les 570 millions de dollars.
Malgré les prix du pétrole qui se situent aujourd’hui au-dessus de la barre des 65 dollars le baril et ne semblent pas pressés de redescendre, Glenn Tilton conserve son optimisme et, considérant le travail accompli depuis 2002 et les efforts à venir, estime que United est redevenue compétitive et pourra peut-être enregistrer un bénéfice opérationnel en 2006.
Peut-être cette confiance est-elle de mise. Une autre compagnie américaine, ATA, a annoncé le 30 janvier qu’elle sortirait également de la protection du Chapitre 11. Effective le 28 février, cette autre renaissance pourrait bien être le signal d’une embellie dans le ciel du transport aérien américain.










