Les ponts du mois de mai n’arrêtent pas les livraisons d’avions chez Transavia, bien au contraire. Trois Boeing 737-800 ont été réceptionnés par la filiale low-cost du groupe Air France-KLM en l’espace de trois jours, les 4, 5 et 6 mai. Deux d’entre eux sont destinés à soutenir le fort développement de l’entité française, qui vient ainsi d’intégrer ses 17ème et 18ème appareils.
Sept monocouloirs doivent venir étoffer la flotte de la compagnie cette année, six sont neufs (deux acquis en leasing auprès d’Air Lease et quatre auprès d’ICBC) et un de seconde main (loué à la société japonaise Itochu et auparavant en service chez Meridiana). Celui-ci intègrera la flotte la semaine prochaine. Les deux derniers seront reçus fin juin et début juillet.
Une croissance de 30% cette année et une commande pour assurer la suite
Ces nouveaux appareils permettront à Transavia France de faire croître son offre de 30% par rapport à l’été dernier, par le lancement de nouvelles lignes et des augmentations de fréquence.

Antoine Pussiau, PDG de Transavia France, Erik Nelson, vice-président de Boeing, responsable du centre de livraison du 737 et Mark Jiang, managing director de la branche leasing d’ICBC. Photo © Le Journal de l’Aviation – tous droits réservés
La mission de la compagnie aujourd’hui est en effet « d’atteindre une taille crédible », résume Antoine Pussiau. « Transavia Pays-Bas a déjà cette taille crédible, avec une flotte importante sur un marché plus petit que la France. La taille crédible en France, ce sera quand nous aurons une quarantaine d’avions, soit à l’horizon 2020. L’objectif est qu’à cette date, nous soyons également la low-cost n°1 à Paris, en comptant Orly, CDG et Beauvais. Quand à la taille crédible en Europe, la question n’est pas tranchée. Pour cela, il faut se développer dans d’autres pays et relier les différentes bases. Mais le projet est abandonné. »
Pour soutenir sa filiale, Air France-KLM a passé une commande pour dix-sept 737-800 (et trois options), destinés aussi bien à Transavia France qu’à Transavia Pays-Bas (la répartition précise n’a pas encore été définie). Pourquoi le choix d’une commande directe alors que toute la flotte est actuellement louée ? « Parce que c’est moins cher. Et quand on a une taille suffisante, on ne peut pas totalement dépendre des sociétés de leasing » explique le président de Transavia France.
Les livraisons doivent débuter en janvier 2016 et se poursuivront jusqu’en 2018. Elles permettront à Transavia France d’introduire cinq nouveaux appareils dans sa flotte en 2016 (deux en location chez Air Lease et trois de la commande directe) et autant en 2017 (tous issus de la commande auprès de Boeing).

Une croissance qui s’accompagne de créations d’emplois
Bien entendu, ces projets auront un impact en termes d’emploi. « Avec les sept avions que nous intégrons, nous allons créer entre 125 et 140 emplois nets. Pour le personnel navigant commercial, tous les recrutements se feront à l’extérieur du groupe. En ce qui concerne les pilotes, l’accord conclu avec le SNPL fait que les emplois créés chez Transavia sont alimentés par les pilotes Air France », qui sont ainsi détachés auprès de la filiale.
« Les postes de commandants de bord sont ouverts et proposés aux copilotes Air France qui attendaient une évolution de carrière. Ils sont souvent issus du long-courrier et font leurs galons de commandant de bord chez Transavia. Six postes sur sept sont réservés aux pilotes Air France et un sur sept aux copilotes Transavia. »
En ce qui concerne les postes de copilotes, « ils sont attribués pour un tiers aux pilotes venant des filiales régionales (HOP! Air France), pour un tiers à des cadets en attente d’un poste chez Air France ou à de jeunes diplômés de l’ENAC qui ont passé la sélection et pour le dernier tiers à des pilotes ayant déjà une expérience dans l’armée ou dans une autre compagnie. » Tous sont embauchés par Air France et détachés chez Transavia. Soixante-dix postes étaient ainsi disponibles cette année.
Malgré ces grandes évolutions, Transavia France s’attend à revenir à l’équilibre en 2017, état qu’elle avait déjà connu en 2012 lorsque son offre s’était stabilisée – le choix de reprendre la croissance ces dernières années ayant logiquement dégradé le bilan. Ainsi, elle aura rempli sa mission originelle : « développer le plus vite possible une low-cost française au sein du groupe Air France-KLM mais aussi en France », où ce segment de marché est encore dominé par Ryanair et par easyJet.










