Les compagnies aériennes sénégalaises se succèdent sans parvenir à être viables. Usé par les difficultés financières de Sénégal Airlines et son incapacité à se redresser, le gouvernement sénégalais a annoncé le 12 avril la résiliation de la convention de concession des droits de trafic à la compagnie – qui lui garantissait l’usage exclusif des droits de trafic détenus par le pays. Mais une autre devrait très vite décoller…
Cette décision fait suite au retrait par l’ANACIM (Agence nationales de l’aviation civile et de la météorologie) de son permis d’exploitation le 2 avril. La raison : Sénégal Airlines n’exploitait plus d’avion. Les deux derniers, un A320 et un Q400 avaient été repris par leur société de leasing cet été. Depuis, elle vivotait avec un avion régional et avait prolongé de six mois le chômage technique des deux tiers de son personnel en janvier.
Sénégal Airlines a été lancée en 2009 à la suite de la dissolution d’Air Sénégal International, déjà minée par les difficultés financières mais surtout par les tensions entre ses deux actionnaires, le gouvernement et Royal Air Maroc. Elle n’a toutefois inauguré ses opérations qu’en 2011, avec deux A320. La flotte avait atteint jusqu’à quatre appareils (trois A320 et un ATR 42-500) mais les premiers flirts avec la faillite sont arrivés très tôt, dès 2012, et un projet de restructuration en 2013 n’a pas réussi à redresser la compagnie. En 2014, elle n’a pas pu renouveler les contrats de leasing de deux de ses A320 mais a loué un Q400 à Falcon Aviation Services. Début 2015, un nouveau plan de restructuration décidait d’une réduction de 40% des effectifs et des salaires. En quatre ans, la compagnie a cumulé des pertes de 65 milliards de francs CFA (100 millions d’euros).
Mais le gouvernement sénégalais n’a pas dit son dernier mot. Le ministère du Tourisme a indiqué que « l’Etat a pris les dispositions pour mettre en place un pavillon national fort qui s’inscrira dans les objectifs prioritaires du projet de relance du hub aérien régional du Plan Sénégal Emergent » (voir encadré). Amadou Ba, le ministre de l’Economie, a précisé le 11 avril, au cours d’une rencontre avec Michel Sapin, que la nouvelle compagnie serait lancée « dans les prochains jours ».









