Les projets de Ryanair en France sont assez sages. La low-cost irlandaise n’envisage pas pour le moment d’appliquer à l’Hexagone cette partie de son programme d’amélioration de la qualité de service qui consiste à s’implanter dans des aéroports majeurs. Mais l’idée n’est pas totalement écartée par David O’Brien.
Le directeur commercial de Ryanair exclut tout transfert vers Orly : « Orly n’a que peu d’opportunités de croissance », l’aéroport approchant de son plafond de mouvements et étant limité par son couvre-feu. Son avis est en revanche moins tranché sur CDG. Si l’aéroport est cher, il lui reste encore de la place. « Nous n’avons pas de projet immédiat pour CDG mais nous n’écartons pas l’idée. Et nous sommes capables de bouger très vite. »
Mais quitter Beauvais n’est pas une option : « nous sommes très satisfaits des performances de Beauvais et de son succès. » Ryanair fête d’ailleurs cette année le passage du cap des 30 millions de passagers à l’aéroport. Un déménagement partiel à CDG pourrait être envisageable, et reproduirait l’expérience de Bruxelles, où Ryanair est depuis peu implantée à Zaventem en plus de Charleroi, et où elle a enregistré une croissance sur les deux plateformes.
La législation française est trop rigide pour envisager une base
Troisième compagnie aérienne avec 7% de parts de marché, Ryanair a un regard partagé sur la France. Eddie Wilson, directeur du Personnel, explique que la France a un intérêt limité par « la rigidité de sa législation et de l’inefficacité de son marché du travail », jugeant qu’elle perd des opportunités de croissance pour ces raisons.
« Je suis sûr que nous pourrions doubler notre part de marché », indique David O’Brien qui se range toutefois à l’avis d’Eddie Wilson et explique que cette rigidité n’incite pas la compagnie à ouvrir une base : « il n’est pas impératif pour Ryanair d’avoir une base en France. Nous pouvons desservir le pays de l’extérieur. » Ce qui est actuellement le cas : 32 aéroports accueillent la low-cost et 7,85 millions de passagers sont transportés chaque année. Ryanair préfère actuellement se concentrer sur l’Allemagne, plus accueillante, où le potentiel de croissance peut atteindre jusqu’à 20%.
A ce sujet, Ryanair a rappelé qu’elle attendait la livraison de 375 appareils, 737-800 et 737 MAX 200, ce qui allait lui permettre d’exploiter une flotte de 520 appareils d’ici 2024, date à laquelle elle vise 160 millions de passagers annuels (contre 90 millions en 2014). David O’Brien souligne également que Ryanair détient ainsi environ 25% des commandes de monocouloirs en Europe, l’équivalent de la part de marché qu’elle souhaite atteindre en Europe dans la prochaine décennie.









