La détermination a succédé au choc. Après le tir de missile contre le Boeing 777-200ER de Malaysia Airlines le 17 juillet, l’OACI, l’IATA, l’ACI et la CANSO (Civil Air Navigation Services Organisation) se sont réunis le 29 juillet pour améliorer les processus de survol des zones de conflit. Une réunion que Tim Clark, le président d’Emirates, avait le premier appelé de ses vœux, suivi de plusieurs autres présidents de compagnies aériennes comme Lufthansa et KLM.
Lors de cette réunion, il a été décidé que l’OACI allait mettre un place un groupe de travail expérimenté, composé d’experts gouvernementaux et industriels. Il sera chargé de déterminer les méthodes de collection et de diffusion des informations pertinentes pour déterminer le degré de sécurité de l’espace aérien au-dessus des zones de conflit.
Ce groupe aura deux objectifs : créer des canaux infaillibles de diffusion d’informations sur les menaces, qui doivent être mis à la disposition des autorités de l’aviation civile et de l’industrie, et pousser les gouvernements à mieux superviser le déploiement d’armes anti-aériennes.
L’IATA rappelle en effet que les compagnies aériennes doivent disposer d’informations dignes de foi, vraies et pertinentes pour déterminer leurs routes de vol. Dans le cas du vol MH17, l’Ukraine avait assuré que l’espace aérien était sûr à partir du niveau de vol FL320. « Nous savons maintenant à quel point cette recommandation était erronée », déplore Tony Tyler. Dans le cas de la situation en Israël, l’état a assuré que l’aéroport était sûr tandis que la FAA a interdit aux compagnies américaines de se poser à Tel Aviv et que l’EASA recommandait simplement d’éviter l’aéroport. « Les gouvernements doivent mieux faire », juge le CEO de l’IATA.
Par ailleurs, la réglementation mondiale sur les armes doit être révisée sous l’égide des Nations Unies. « Il n’y a aucune loi ou convention internationale qui impose aux Etats de superviser la conception, la production et le déploiement d’armes anti-aériennes. […] Le MH17 a prouvé que des systèmes anti-aériens puissants et sophistiqués sont entre les mains d’entités non gouvernementales. […] Nous pouvons trouver des moyens d’améliorer le cadre législatif international pour nous assurer que les Etats comprennent et assument pleinement leurs responsabilités à cet égard. »
En attendant, les compagnies aériennes sont devenues beaucoup plus méfiantes. Alors qu’elles évitent toutes l’est de l’Ukraine aujourd’hui, Emirates a annoncé le 28 juillet qu’elle allait également contourner l’espace aérien irakien. D’autres compagnies ont suivi le mouvement. La Syrie est également évitée.
Critiquée de n’avoir pas alerté les compagnies aériennes des menaces posées par le survol de l’Ukraine, l’OACI avait rappelé qu’il était du ressort des Etats de restreindre ou interdire le survol de son territoire « pour assurer la sécurité et la sûreté de l’exploitation des aéronefs civils à l’échelle internationale. » Malgré tout, Camiel Eurlings, le CEO de KLM, a déclaré le 25 juillet que « l’OACI aussi aurait dû appeler à la vigilance. » Désormais, l’organisation s’est donné les moyens de le faire.









