Le bureau d’enquête néerlandais (Dutch Safety Board) a publié le 13 octobre son rapport final sur la catastrophe du vol MH17 de Malaysia Airlines. Il confirme que le Boeing 777-200ER (9M-MRD) a été détruit en vol par l’explosion d’une ogive à shrapnel 9N314M provenant d’un système de missile Buk (série 9M38).
Le Boeing devait assurer la liaison entre Amsterdam et Kuala Lumpur le 17 juillet 2014. La première partie du vol s’est parfaitement déroulée, jusqu’à ce que l’appareil disparaisse des écrans radar à 13h20 (UTC), alors qu’il survolait l’est de l’Ukraine. Le Dutch Safety Board en est arrivé à la conclusion qu’une ogive avait explosé à l’extérieur de l’avion, à la gauche et légèrement au-dessus du cockpit. Le souffle et la dispersion de centaines de projectiles ont provoqué des perforations sur toute la section avant et une rupture de l’appareil en vol. Les débris ont été répartis dans une zone de 50km et aucune des 298 personnes à bord de l’appareil n’a survécu.
Le bureau d’enquête a pu déterminer le déroulement des faits et exclure tout autre cause de l’accident grâce à plusieurs indices : un pic sonore enregistré par l’enregistreur de conversation (CVR) juste avant qu’il ne s’éteigne, les formes diverses des impacts qui sont cohérentes avec le système Buk ainsi que des traces de peinture. La thèse, un temps avancée par la Russie, d’un tir air-air a été formellement écartée ainsi que celle d’une explosion à l’intérieur de l’appareil. « Aucun autre scénario que celui d’un tir de missile sol-air Buk ne peut expliquer cette combinaison de faits », affirme le Dutch Safety Board dans son rapport. Il ajoute qu’il a identifié une zone de 320km² d’où le missile aurait pu être tiré.
Le bureau a également souligné qu’aucune des parties impliquées n’avait su identifier le risque du survol de l’est de l’Ukraine, zone où se déroulait un conflit armé et où des avions (militaires) avaient déjà été abattus. L’espace aérien était simplement interdit au-dessous du niveau de vol FL320 – le MH17 se trouvait au niveau FL330 au moment où la catastrophe est survenue. Pourtant, le gouvernement ukrainien savait que des missiles longue portée avaient déjà été utilisés (le Buk peut atteindre une altitude de 80 000 pieds) donc « de l’avis du Dutch Safety Board, l’Ukraine avait des raisons suffisantes pour fermer complètement l’espace aérien au-dessus de l’est du pays par précaution. »
Jugeant défaillant le système de responsabilités dans son état actuel, il appelle toutes les parties impliquées dans l’aviation (l’IATA, l’OACI, les gouvernements) à échanger davantage les informations sur les menaces potentielles qui pèsent sur les opérations et notamment sur les zones de conflit. Il regrette en effet que cette difficulté à évaluer les risques soit également valable dans d’autres régions du monde. Par ailleurs, les opérateurs devraient informer le public sur les routes empruntées par les appareils.

Reconstitution de l’intérieur du cockpit








