Alors que les enregistreurs de vol n’ont pas encore été analysés et qu’aucun scénario ne peut être esquissé sur les circonstances de l’accident de Metrojet, le Royaume-Uni et l’Irlande ont décidé le 4 novembre d’appliquer le principe de précaution. Les deux pays ont donc interdit à leurs compagnies de se rendre à Charm el Cheikh, une décision à effet immédiat.
Se basant sur des renseignements des Etats-Unis (non impliqués dans l’enquête mais dont un satellite aurait détecté une explosion) et du Royaume-Uni, le Premier ministre britannique a déclaré : « nous avons conclu qu’il y a une forte probabilité que l’accident ait été provoqué par un engin explosif à bord de l’avion. » En conséquence de quoi le gouvernement britannique, suivi par le gouvernement irlandais, a interdit tout vol au départ et vers Charm el Cheikh et la péninsule du Sinaï. Le groupe Lufthansa vient d’adopter la même position.
Pourtant, ainsi que l’a rappelé le Kremlin ce matin, aucun élément à ce stade de l’enquête ne permet de privilégier la thèse de l’attentat par rapport à celle d’un élément technique. Le ministre égyptien de l’aviation civile, Mohamed Hossam Kamal, et l’Interstate Aviation Committee (IAC – l’autorité russe de l’aviation civile) ont indiqué que l’enregistreur de données (FDR) avait pu être copié et que l’analyse de ses données allait débuter. L’enregistreur de conversations (CVR) serait en revanche « sérieusement endommagé ». Les experts de l’IAC et du BEA réalisent actuellement le travail préparatoire à la copie de l’enregistrement.
Des représentants de l’Allemagne et de l’Irlande participent également à l’enquête, qui reste sous la tutelle de l’Egypte. Les recherches de débris dans le Sinaï se poursuivent. Elles sont menées par le ministère russe des situations d’urgence (Emercom), qui a décidé d’élargir la zone de recherche de 30 à 40 km².
L’A321 immatriculé EI-ETJ et opéré par Metrojet (Kogalym Avia) s’est écrasé au centre du Sinaï une vingtaine de minutes après son décollage de la station balnéaire de Charm el Cheikh le 31 octobre, alors qu’il devait se rendre à Saint-Pétersbourg. L’appareil se trouvait en fin de montée à son altitude de croisière lorsque la catastrophe est survenue, faisant 224 victimes (217 passagers et sept membres d’équipage). Depuis, les hypothèses se succèdent quant aux circonstances de l’accident, les représentants de la compagnie ayant notamment complètement exclu toute défaillance technique lors d’une conférence de presse le 2 novembre, affirmant que l’accident avait été provoqué par un élément extérieur.









