Lufthansa a beau atteindre ses objectifs, « cela ne suffit pas. » Carsten Spohr et Simone Menne, respectivement CEO et directrice financière du groupe, ont indiqué le 12 mars que le programme de réduction des coûts SCORE allait s’inscrire dans la durée et devenir « un processus de routine. »
Comme le groupe l’avait déjà annoncé, le chiffre d’affaires reste stable à 30 milliards d’euros. Le bénéfice opérationnel atteint 954 millions d’euros, en hausse de 36,5%, et ce malgré les grèves des pilotes qui ont eu un impact de 232 millions d’euros. Sans elles, le résultat opérationnel aurait atteint 1,2 milliard d’euros, en ligne avec les objectifs. La marge s’améliore elle aussi, de 0,9 point, pour atteindre 3,2%. En revanche, le bénéfice net se dégrade fortement, diminuant de 82,4% à 55 millions d’euros, notamment en raison de l’impact négatif des couvertures carburant.
En ce qui concerne l’activité compagnies aériennes, elle gagne 40 millions d’euros à 553 millions d’euros. « Ce n’est pas assez », martèle Carsten Spohr, qui explique que Lufthansa « a toujours des coûts unitaires bien supérieurs à ceux des concurrents. » Si SCORE a déjà permis des économies de 2,5 milliards de dollars, celles-ci ont été annulées par la conjoncture, notamment la baisse du prix des billets.
« Etant donné les résultats que nous avons atteint dans notre cœur de métier, nous ne pouvons pas envisager de maintenir les traditionnelles structures non rentables comme une option pour l’avenir du groupe. La concurrence ne va que s’accroître. […] Ce que nous devons faire désormais, c’est poser les fondations sur lesquelles nous retrouverons notre position de leader en termes économiques. »
D’autant que les investissements dans les produits (nouveaux fauteuils, classe Premium et wifi sur le moyen-courrier) et dans la flotte seront encore très importants ces prochaines années : 2,9 milliards d’euros sont prévus en 2015, 2,5 en 2016 et autant en 2017. A ce sujet, Carsten Spohr a confirmé que le premier A350 de Lufthansa serait livré en 2016. Il sera basé à Munich.
Pour 2015, Lufthansa vise un résultat opérationnel de 1,5 milliard d’euros, avec une hausse des capacités de 3% et notamment grâce à une réduction de 800 millions d’euros des coûts de carburant. Ceci ne tient pas compte des frais de restructuration ni des éventuelles grèves des pilotes, qui ont « un grand risque » de se déclencher.









