La baisse des prix du pétrole va beaucoup aider les compagnies aériennes. L’IATA a en effet indiqué le 10 décembre qu’il s’agissait là de l’une des causes de la révision à la hausse de ses prévisions pour 2014. Les compagnies membres de l’association devraient enregistrer 19,9 milliards de dollars de bénéfices sur l’année, contre 18 milliards prévus précédemment. Si les tendances actuelles se poursuivent, les bénéfices de 2015 pourraient atteindre 25 milliards de dollars, soit une marge de 3,2%. Les passagers devraient également en profiter, avec une baisse attendue des tarifs de 5,1%.
L’IATA indique que le prix moyen du baril de brent devrait s’établir à 85 dollars en 2015, donc se situer au-dessous de la barre des 100 dollars pour la première fois depuis 2010. Si cette baisse a déjà été répercutée sur le prix du carburant avion, elle est pour le moment amoindrie par la politique de couverture carburant des compagnies aériennes – et ne s’est pas traduite par la réduction des surcharges carburant appliquées aux passagers. Mais avec une moyenne de 99 dollars le baril de Jet-A en 2015 et l’amélioration de l’efficacité énergétique des transporteurs (de 1,8% en 2014), le kérosène ne devrait plus représenter que 26% des coûts du transport aérien, contre le tiers ces dernières années.
Par ailleurs, la baisse des prix du pétrole va stimuler la croissance au niveau mondial. Ainsi, celle du PIB devrait atteindre 3,2% en 2015, contre 2,6% en 2014. Ceci devrait encourager les déplacements et le trafic passager devrait augmenter de 7% (contre 5,5% en moyenne ces vingt dernières années). Même le fret devrait en profiter et enregistrer une croissance de ses volumes de 4,5%.
Ce sont les compagnies américaines qui connaîtront les meilleurs résultats, grâce à la consolidation du marché ces dernières années. En ce qui concerne l’Europe, l’IATA constate que la situation reste difficile, la concurrence étant rude, les coûts et les taxes élevés et les infrastructures pas suffisamment efficaces. Ainsi, bien que la région abritera les avions les mieux remplis, la marge bénéficiaire ne devrait pas dépasser 1,8%.
L’IATA souligne par ailleurs que le retrait des appareils les plus anciens du service, encouragé et accéléré par le prix élevé du carburant jusque là, devrait « clairement ralentir » en 2015. Malgré tout, les compagnies aériennes devraient réceptionner plus de 1 700 appareils (d’une valeur de 180 milliards de dollars), dont la moitié pour renouveler leur flotte. Ceci dénote également une reprise de la confiance de l’industrie du transport aérien.
Le taux d’embauches ne devrait pas augmenter pour autant. Les compagnies aériennes travaillant à améliorer leur productivité, elles devraient ralentir leurs recrutements en 2015 et n’augmenter la masse salariale que de 1,5% par rapport à 2014. La productivité, elle, devrait s’améliorer de 4,8%.






