La Commission Européenne a finalement réussi à prendre sa décision. Elle a approuvé le 28 août le plan de restructuration d’Austrian Airlines et son rachat par Lufthansa, après s’être à plusieurs reprises octroyé davantage de temps pour examiner le dossier. La transaction devrait être complétée le 3 septembre.
La compagnie allemande peut ainsi acquérir les 41,56% que l’Etat autrichien détient dans Austrian pour 366 000 euros, ainsi que les parts d’autres actionnaires afin d’atteindre au moins 75% de participation dans la compagnie. Le gouvernement recevra également un bon de récupération qui lui permettra de recevoir un paiement supplémentaire si la situation économique de la compagnie s’améliore. Enfin, il versera une subvention de 500 millions d’euros pour compenser la dette d’Austrian.
Ces modalités posaient problème. En effet, elles reviennent à ce que Lufthansa soit payée pour reprendre Austrian et une liquidation aurait coûté moins cher à l’Etat autrichien. Toutefois, l’UE a estimé que ce « prix négatif » reflétait la valeur de la compagnie au moment de la transaction et a été rassurée par la soumission d’Austrian aux conditions qu’elle a posées. La compagnie autrichienne va devoir réduire ses capacités de 15% d’ici la fin de l’année 2010 par rapport à janvier 2008. Elle va également devoir limiter sa croissance : elle n’aura pas l’autorisation de dépasser le taux de croissance moyen des compagnies membres de l’IATA avant 2016 ou avant de parvenir au seuil de rentabilité opérationnelle.
Lufthansa a également dû faire des concessions. Le rachat d’Austrian posait en effet des problèmes concurrentiels sur les lignes depuis Vienne vers Francfort, Munich, Stuttgart, Cologne et Bruxelles. La compagnie allemande s’est donc engagée à renoncer à certains de ses créneaux, ainsi laissés disponibles pour de nouveaux entrants ou pour la concurrence.
Austrian Airlines, qui lutte pour sa survie, a salué la décision de la Commission. Si aucun détail n’a été révélé sur d’éventuelles modifications du réseau et de la flotte, la compagnie a laissé entendre que les prochaines acquisitions d’appareils et de carburant se feraient de façon groupée avec Lufthansa. Elle va également mettre son réseau axé sur l’Europe de l’Est au service du groupe.
