Face à la vétusté et à la déficience des équipements aéroportuaires de New Delhi et Bombay, le gouvernement indien a fini par réagir. Un groupe de ministres a annoncé le 31 janvier que chaque aéroport serait repris par un consortium, signant ainsi leur privatisation. Après l’approbation du cabinet fédéral qui entérine cet accord, les employés de l’AAI (Airports Authority of India) ont décidé de manifester leur total désaccord en lançant une grève le 1er février.
Très suivie dans presque toutes les catégories de personnel, cette grève touche le pays entier. L’aéroport de Calcutta est le plus touché. Les employés ayant pu pénétrer dans l’enceinte du hub, l’aéroport a été estimé peu sûr et tous les vols de l’après-midi ont été annulés. A Bombay, des forces de police supplémentaires ont été déployées pour empêcher les manifestants de pénétrer au sein de l’aéroport. Les vols n’ont certes pas été perturbés mais les employés de l’AAI bloquaient les routes, retardant les voyageurs, et des heurts ont eu lieu.
Les employés protestent contre la décision de privatiser deux des aéroports indiens. Le gouvernement indien avait en effet lancé un appel d’offres pour le rachat et la remise en état des hubs de New Delhi et Bombay. Les résultats de celui-ci ont été communiqués hier et confirmés aujourd’hui. La proposition du consortium dirigé par GVK Industries et la compagnie des aéroports d’Afrique du Sud pour la base de Bombay a été choisie. Quant à la rénovation de celle de New Delhi, elle revient pour trente ans au partenariat qu’ont formé GMR Group et Fraport, qui contrôle également l’aéroport de Francfort.
Les alliés communistes du gouvernement et les syndicats sont fermement opposés à cette décision qui scelle la privatisation des deux aéroports. En effet, les entreprises possèderont 74% de leur capital, le reste demeurant pour le gouvernement. Or les employés estiment que la rénovation des aéroports est du ressort du gouvernement et que la privatisation va entraîner des licenciements.





