L’EASA veut tout faire pour éviter que des catastrophes du type de celle de Germanwings ne se reproduisent. L’agence européenne de la sécurité aérienne a présenté le 20 octobre un plan d’action principalement destiné à améliorer le suivi médico-psychologique des équipages, reprenant toutes les recommandations émises par un précédent groupe ayant travaillé sur le drame.
L’un des principaux travaux consistera en la mise en place d’une base de données regroupant les informations médicales des équipages. L’EASA souhaite ainsi éviter que les pilotes ne déclarent pas d’éventuels problèmes à la compagnie aérienne qui les emploie – comme cela avait été le cas avec Andreas Lubitz, qui avait caché sa dépression à Lufthansa. L’agence dirigera le projet de création du logiciel et devrait établir un cahier des charges d’ici la fin de l’année pour un déploiement d’ici décembre 2016.
Ce dispositif soulève toutefois le problème de la confidentialité des données. Indépendamment du fait que les approches sont différentes selon les pays, ce thème dépasse les compétences de l’EASA et relèvera donc de la Commission européenne.
L’EASA a également entériné le principe des deux personnes dans le poste de pilotage mais des mesures supplémentaires devront être prises pour limiter les risques liés à cette règle. Une évaluation doit avoir lieu à la fin du premier trimestre 2016.
Enfin, deux groupes de travail vont être créés sur les thèmes des opérations aériennes et des équipages. Ils devront déterminer les modalités du renforcement du suivi médical et psychologique des pilotes. Les recommandations du groupe de travail publiées en juillet préconisaient en effet de renforcer le suivi psychologique lors de l’évaluation initiale et des examens réguliers, ainsi que d’établir des dépistages aléatoires, voire réguliers dans certains cas, pour détecter une prise de médicaments ou d’alcool. En parallèle, la formation des médecins aéronautiques devra être améliorée dans ses aspects psychologiques et de communication. Ils devront également réfléchir à la mise en place d’un système non punitif de soutien des pilotes et de compte-rendu.
Ces deux groupes de travail ont les mêmes objectifs de calendrier : ils seront formés d’ici la fin de l’année et publieront leurs premières directives opérationnelles au premier trimestre 2016. Celles-ci permettront aux différents acteurs de mettre en œuvre les recommandations de façon proactive avant la publication des AMC (moyens acceptables de mise en conformité) et GM (documents d’orientation) à la fin de l’année 2016.









