Ce week-end, le Boeing 787 débarquera sur la liaison Paris – Toronto grâce à Air Canada. La capitale française rejoindra ainsi Séoul, Londres, Copenhague, Zurich et Tel Aviv dans la liste des destinations desservies par le Dreamliner canadien, qui remplacera le 767-300ER actuellement en service. David Gégot, le directeur général d’Air Canada pour la France, l’Espagne et le Portugal, a bien voulu revenir sur cette nouveauté pour le Journal de l’Aviation.
Le Boeing 787 est placé sur Paris à partir du 1er décembre mais seulement de façon saisonnière. Pourquoi?
Le premier vol réel part de Toronto le 30 novembre et arrive à Paris le 1er décembre. Il est lancé au moment où on reçoit notre 5ème appareil. La rotation est quotidienne et dure jusqu’au 26 mars, pratiquement pendant la saison hiver IATA. A partir du 1er avril, nous passons en haute saison et nous mettons un Boeing 777-300ER sur Paris-Toronto, qui a plus de capacité [+100 places en classe économique, ndlr], comme c’est le cas depuis quelques années. Le 787, lui, sera mis sur les routes asiatiques, sur Toronto – Shanghai.
Le 787 est davantage adapté au marché Paris – Toronto pendant l’hiver, quand la demande est moins forte : on a toujours une demande affaires qui est présente mais la demande en classe économique est nettement plus ralentie.
Le 787 sera-t-il réaffecté à la desserte de la capitale ?
Après la haute saison, l’idée c’est de le faire revenir. Il est un peu tôt pour s’engager sur la programmation 2015 mais pour le moment il est préprogrammé à partir du 1er novembre. Je dis cela sous toutes réserves : il faut regarder comment la ligne fonctionne cet hiver, voir s’il n’y a pas d’autres opportunités sur d’autres routes… Mais le plan, c’est de mettre le 777 sur Paris en haute saison et le 787 en basse saison. Il ne faut pas oublier que tous les 767 qui restent dans le groupe Air Canada seront reconfigurés et partiront dans la filiale loisirs Air Canada Rouge. Donc à terme, d’ici 3 ou 4 ans, le 787 pourrait être là de manière permanente sur Paris l’hiver. Mais je ne serai pas surpris qu’il y soit l’année prochaine.
Qu’apporte le 787 à Air Canada ?
Le 787 nous permet de réduire les coûts d’exploitation de jusqu’à 30%. Donc des lignes qui n’étaient pas rentables vont le redevenir grâce à cet appareil, par exemple Tel Aviv qui faisait partie des lignes qui n’étaient pas rentables en 767. Nous pensons qu’avec le 787, et sa classe Privilège, elle va le redevenir.
L’appareil est très adapté à des marchés qui ne sont pas à volume aussi gros que Paris – Montréal (ligne desservie par un 777-300ER hautement densifié à 458 sièges). Il est mis principalement sur les distances les plus longues, notamment l’Asie, vers Pékin, Shanghai, Tokyo, afin de mieux le rentabiliser.
Il va aussi nous permettre de repenser certaines destinations qui n’étaient pas quotidiennes, donc d’augmenter le nombre de fréquences. Et surtout nous allons pouvoir ouvrir des destinations qui, jusque là, avec la flotte qu’on avait, n’étaient pas envisageables. Par exemple, on est incapable aujourd’hui de voler entre Toronto et l’Inde parce qu’on n’a pas d’appareil avec un rayon d’action suffisant. C’est un marché qu’on regarde évidemment mais on n’a pas l’appareil adéquat. Si un jour on ouvre une route vers l’Inde, on pourra mettre le 787.
© Air CanadaPourquoi avoir décidé de lancer puis de généraliser la classe économique premium, la Privilège, sur le long-courrier ?
Nous avons profité de l’arrivée du 787 dans la flotte pour repenser complètement la cabine. Il y a eu beaucoup de tergiversations au sujet de la classe économique premium avant que la décision de la lancer ne soit prise. Nous sommes la seule compagnie nord-américaine à proposer cette classe économique intermédiaire réelle, avec une différenciation de produit. La Privilège est tout d’abord entrée en service sur le 777 hautement densifié au mois de juillet sur Montréal – Paris, où elle a été testée. Puis nous l’avons introduite sur d’autres lignes, comme Londres – Vancouver, Vancouver – Toronto. Cela a bien marché : la classe économique Privilège répondait à la demande de nos clients. Nous avons donc décidé de la déployer et de la mettre en place sur les 37 Boeing 787 que nous avons commandés. Puis, plus largement, nous venons de décider de l’introduire sur tous les appareils du réseau international. Nous sommes donc vraiment satisfaits des résultats. C’était une bonne décision parce qu’il y avait une vraie demande, un vrai besoin.
Avec l’arrivée du 787, nous avons également refait complètement les sièges en classe affaires. Avec cette idée que chacun a vraiment une bulle quand il voyage. Ce sont des cocons où, quel que soit l’endroit où vous êtes assis, vous avez accès au couloir. C’est vraiment cette idée d’un espace personnalisé, avec un nouvel IFE, où l’on peut travailler… Et tout le produit intérieur a été repensé.
En même temps que la classe économique Privilège va être déployée sur 777, la nouvelle cabine affaires sera installée. Car aujourd’hui, l’un de nos problèmes est que nous n’avons pas une classe affaires homogène : elle est différente sur A330, 767… Et avec le 787, c’est encore une nouvelle classe affaires qui arrive, la dernière génération. Tout cela pose des problèmes de la planification : la flotte n’est pas flexible à cause de cette différence de produit. Nous avons donc décidé de tout homogénéiser, d’abord pour faciliter la flexibilité et surtout pour nos clients, c’est important pour eux d’avoir un produit homogène. Vous savez que, que vous fassiez Paris – Montréal ou Paris – Toronto, vous aurez le même produit.
© Air Canada





