Le FSB est désormais formel : la catastrophe de l’A321 de Metrojet « est le résultat du déclenchement d’un engin explosif, ce qui se qualifie d’attaque terroriste. » Telle est la teneur du rapport présenté à Vladimir Poutine, le président russe, par le directeur du Service fédéral de sécurité, Alexander Bortnikov, le 16 novembre.
Alexander Bortnikov a expliqué que cette conclusion avait pu être tirée de l’analyse des débris de l’appareil : « un engin explosif artisanal d’une puissance équivalente à 1 kg de TNT a été déclenché à bord. […] Nous pouvons affirmer avec assurance qu’il s’agit d’un acte terroriste. »
Cette thèse avait émergée très rapidement après la catastrophe survenue le 31 octobre sur le vol 9268 reliant Charm el Cheikh et Saint-Pétersbourg, puisque Daesh avait revendiqué l’attentat qui a fait 224 victimes. Si à ce moment-là la revendication avait été mise en doute, la direction de la compagnie avait elle aussi indiqué qu’elle n’envisageait qu’une action extérieure à l’origine de l’accident, quand bien même elle n’était pas la mieux placée pour avancer une cause.
Les soupçons se sont toutefois rapidement renforcés au bout de quelques jours lorsque les Etats-Unis ont indiqué qu’un de leurs satellites avait détecté une explosion, l’hypothèse d’une bombe à bord ayant été appuyée par le Royaume-Uni. Aussitôt (le 4 novembre), les Britanniques et l’Irlande avaient décidé de suspendre tous leurs vols vers Charm el Cheikh, suivis par d’autres pays. La Russie a choisi d’adopter le même principe de précaution le 6 novembre.
Depuis, tous les vols des compagnies russes vers l’Egypte sont suspendus. Seuls des appareils vides sont autorisés à s’y poser pour rapatrier les vacanciers bloqués dans le pays africain et leurs bagages – sur des vols séparés. Depuis le 14 novembre, Egyptair est également interdite de vol vers la Russie.
Bien que l’Egypte, désireuse de protéger son industrie touristique, ait été la plus réticente à admettre l’hypothèse terroriste et des lacunes dans la sécurité de ses aéroports, elle aurait arrêté le 17 novembre deux employés de l’aéroport de Charm el Cheikh soupçonnés d’avoir aidé à placer la bombe dans l’appareil, selon les informations de l’agence Reuters.
Désormais, la reconnaissance officielle de l’acte terroriste par la Russie marque un nouveau pas dans l’engagement du pays en Syrie. Vladimir Poutine a prévenu : « le meurtre de nos concitoyens au Sinaï est l’un des crimes les plus sanglants […] Nous ne sécherons pas nos larmes – cela restera pour toujours dans nos cœurs et nos esprits. Mais cela ne nous empêchera pas de trouver et punir les coupables. Nous devons le faire sans limite de temps ; nous devons trouver leur nom à chacun. Nous les chercherons où qu’ils se cachent. Nous les trouverons où qu’ils soient sur la planète et nous les punirons. »
Le président russe a lancé une véritable chasse à l’homme, promettant une récompense de 50 millions de dollars pour toute information. Comme François Hollande après les attentats du 13 novembre à Paris, il a également annoncé une intensification des opérations militaires en Syrie.









