Manuel Valls a prononcé le 9 mai son discours présentant le plan du gouvernement contre la radicalisation et le terrorisme. Dans ce cadre, le Premier ministre a annoncé la mise en place d’un PNR (Passenger Name Record) en France, « le premier mis en oeuvre en Europe continentale ». Il « entrera progressivement en action cet été », a-t-il précisé.
Les données recueillies par les compagnies aériennes sur les passagers qui empruntent leurs vols pour voyager seront donc transmises aux autorités françaises. L’objectif est d’« empêcher les terroristes de circuler, de trouver des armes, ou des financements », explique Manuel Valls.
Le PNR est une pratique rôdée, mise en place par les Etats-Unis à la suite des attentats du 11 septembre 2001. Depuis, l’Union européenne avait envisagé d’appliquer un système similaire mais les propositions de directives de la Commission s’étaient heurtées à l’hostilité du Parlement, dont les députés craignaient qu’elle ne protège pas suffisamment les données des passagers. Les récentes attaques à Paris et Bruxelles ont toutefois renforcé le sentiment d’urgence et une directive a été approuvée le Parlement mi-avril puis le Conseil la semaine suivante. Les Etats ont désormais deux ans pour la transposer en droit national. La France avait réclamé haut et fort l’instauration du PNR depuis l’attaque de Charlie Hebdo en janvier 2015, il n’est donc pas étonnant qu’elle soit la première à agir.
Cette directive prévoit l’instauration par chaque Etat membre d’une unité de renseignement spécifique chargée de la gestion de ces données, recueillies lors de vols entrant ou sortant de l’espace Schengen. Elles pourront être conservées cinq ans mais seront masquées au bout de six mois.









