En 2015, La Compagnie a clôturé sa première année pleine d’opération. Une année marquée par une accélération de l’activité, avec le lancement d’une seconde liaison entre Londres et New York, après celle inaugurée entre Paris et New York durant l’été 2014. La compagnie proposant des vols en 757 configurés uniquement en classe affaires a annoncé avoir transporté 48 000 passagers sur un millier de vols en 2015 et se félicite de voir ses clients revenir, 30% d’entre eux ayant réalisé plus d’un aller-retour sur la ligne CDG – New York et 12% sur la liaison au départ de Londres sur seulement six mois d’existence. Portrait de La Compagnie par Jean-Charles Périno, son co-fondateur et directeur général délégué Vente et Marketing.
Quel bilan pouvez-vous tirer des activités de la Compagnie, un an et demi après son entrée en service ?
Nous sommes satisfaits mais en même temps très humbles parce que nous sommes une petite compagnie de niche, spécialisée dans la classe affaires sur des routes denses en termes de trafic. Nous avons commencé avec Paris – New York en juillet 2014 et nous nous sommes lancés en mai dernier sur Londres – New York. Nous clôturons l’année 2015 avec un remplissage au-delà de 70% sur Paris, ce qui est quand même plutôt positif au bout de, littéralement, quatorze mois d’opérations.
Sur Londres, nous sommes légèrement au-delà de 60%, sachant que nous sommes encore tout jeunes sur cette route. Nous sommes plutôt en phase de ramp-up. Donc c’est plutôt encourageant, cela nous engage encore plus à nous concentrer sur ce qu’on fait et à délivrer cette offre de valeur qui n’existe pas sur le marché en classe affaires sur Paris – New York et Londres – New York.
Nous avions une offre très spécifique. Nous ne vendons pas la meilleure classe affaires du monde, nous faisons efficace entre Paris et New York, Londres et New York : un passage rapide en aéroport, un siège, une expérience totalement différente. Il faut l’avoir testé pour le percevoir. S’il n’y a pas de rideau, ce n’est pas uniquement pour pouvoir aller d’une classe à l’autre, c’est aussi un monde ouvert.
Pourquoi avoir choisi Luton ?
Nous avons eu le choix au départ et nous avons décidé de ne pas aller sur les aéroports principaux de Londres. Ce qui nous a plu à Luton, c’est qu’il s’agit d’abord d’un aéroport à taille humaine, très efficace parce qu’il est conçu pour des compagnies low-cost. Et ce modèle de low-cost fait que nous avons également un bassin de clients additionnels, des clients qui arrivent avec easyJet et qui repartent avec nous sur le transatlantique.
Et puis quelque part, c’est un aéroport qui nous ressemble un peu. Indépendamment du fait que Luton est l’un des premiers aéroports de jets privés d’Angleterre, avec des gens immensément riches, cet aéroport accueille aussi des gens qui cherchent cette notion de valeur, de ‘best value for money’, qui nous vont nous intéresser.
Enfin, il y a eu énormément d’investissements de faits pour transformer cet aéroport purement low-cost au départ en quelque chose de beaucoup plus expérientiel, avec le nouveau lounge dont nous avons été une compagnie de lancement, tout ce qui est fast track…
Quels sont vos projets dans les mois à venir ?
Très clairement, j’insiste, nous sommes une jeune compagnie de 18 mois. C’est peu et nous avons déjà accompli quelque chose de relativement audacieux qui est de se lancer sur les deux routes les plus denses que sont Paris – New York et Londres – New York. La priorité aujourd’hui, c’est vraiment de consolider notre position commerciale, à la fois vis-à-vis de nos clients d’entreprise et individuels, pour ensuite accompagner notre développement qui interviendra plus sur 2017. Pour le moment, le projet, c’est vraiment de se concentrer sur ces éléments.
Envisagez-vous déjà une augmentation de la flotte ?
Aujourd’hui, nous sommes en train de travailler sur l’arrivée d’un troisième avion, un 757 aussi. Nous déciderons dans le courant de l’année 2016 où cet avion opèrera, sachant que nous allons nous concentrer sur nos deux premières routes, sur cette clientèle affaires que nous avons déjà commencé à bien toucher, que ce soit à New York, au Royaume-Uni ou en France. Aujourd’hui nous sommes en quotidien sur Paris et on passe à six vols semaine au printemps puis en quotidien en septembre sur Londres. Mais nous voyons bien que les gens demandent plus de fréquences donc nous allons commencer par multiplier les services pour pouvoir répondre à la demande et accélérer notre développement sur ces marchés-là. Nous ne mettrons pas le troisième avion sur un troisième marché.
Envisagez-vous de faire évoluer votre système de divertissement en vol, notamment avec les nouvelles lunettes de réalité virtuelle ou de cinéma immersif qui se développent ?
Aujourd’hui, on est très tablette. Nous travaillons avec Galaxy Tab de Samsung, ce qui nous permet d’être très efficaces en termes de chargement, déchargement, mise à jour de films etc., via le système wifi interne à l’avion qui permet d’appuyer sur un bouton et de charger l’ensemble des tablettes. D’autre part, cette solution permet d’offrir une expérience ‘fun’ pour les clients. Je suis très content que Samsung investisse énormément en brand, en marketing parce que cela positionne le produit de façon très cool par rapport à un système IFE standard. Nous n’allons pas vous le vendre en disant que nous avons la meilleure offre de films du monde, mais pour nous l’outil est très clairement un outil très qualitatif pour les clients.
Sur tout ce qui est technologie, nous interrogeons beaucoup nos clients, nous regardons beaucoup ce qui se fait. Nous n’avons pas encore totalement tranché et nous ne voulons surtout pas faire un choix technologique qui nous engage sur quelque chose de compliqué. L’exemple que je vous ai donné sur la tablette est le bon exemple à mon avis. Le jour où quelqu’un a un problème, il y a un impact de cent tablettes qu’il faut débarquer et réinitialiser. Pour les technologies un peu plus dures, un peu plus lourdes, ce sont des coûts d’investissement qui sont relativement importants avec des gains relatifs car les choses bougent très rapidement. On le voit sur l’internet à bord, par exemple. Donc nous voulons vraiment bien nous poser, bien choisir avant de nous engager.
Voyez-vous l’arrivée de Norwegian sur Paris – New York comme un danger, quand bien même le positionnement est totalement différent de celui de La Compagnie ?
Nous sommes arrivés dans un environnement concurrentiel, nous sommes une concurrence additionnelle. Nous avons un produit de niche, très spécifique. Norwegian arrive avec un autre produit, sur un autre créneau. Mais pour nous, la concurrence est bonne pour le consommateur et pour l’ensemble des acteurs du marché parce que ça permet de se remettre en cause et de toujours aller plus loin, dans une optique d’amélioration permanente. Nous serions mal placés en tant que nouvel entrant pour critiquer l’arrivée de Norwegian. Et ce n’est pas le sens de notre philosophie.








