Les sièges de classe économique de Japan Airlines ont été primés pour la seconde fois par Skytrax le 20 juin. Et même s’ils avaient déjà reçu cette récompense en 2015, Akira Yonezawa a fait le déplacement de Tokyo au salon du Bourget spécialement pour la recevoir. Le directeur exécutif de Japan Airlines chargé du marketing pour les routes internationales (Executive Officer, Managing Division, International Route Marketing) a accepté de rencontrer le Journal de l’Aviation à l’occasion de cette courte visite pour évoquer cette récompense et les perspectives de la compagnie japonaise, désormais libérée de toutes les contraintes qui lui avaient été imposées lors de sa faillite.
Vous vous êtes donc déplacé au salon du Bourget pour recevoir un prix Skytrax, félicitations !
Nous recevons le prix du meilleur siège de classe économique pour les JAL Sky Wider, lancés sur nos lignes internationales sur Boeing 777-300ER depuis janvier 2013. Nous avons une autre version du siège, les JAL Sky Wider 2, installés sur les 787 en configuration 2-4-2, ce qui permet de proposer un siège plus large de 5 cm (environ 48 cm) par rapport aux standards actuels de neuf sièges par rangée. Dans les deux versions, l’espacement entre chaque rangée de sièges a été augmenté d’environ 10 cm pour un meilleur confort. Nous sommes en effet les seuls à avoir agrandi cet espace : chez les low-cost, il est à 29 pouces, chez les compagnies traditionnelles, il est à 31 pouces mais chez Japan Airlines, il est de 34 pouces.
Cette récompense est un signe positif supplémentaire pour la compagnie, alors que la fin du mois de mars 2017 a vu la fin des restrictions à l’activité de Japan Airlines, liées à la faillite de 2010. Quelles étaient-elles ?
Les restrictions principales portaient principalement sur l’ouverture de nouvelles lignes. Comme nous étions limités en nombre d’ouvertures de lignes jusqu’à fin mars, le gouvernement japonais a octroyé beaucoup plus de slots à ANA à Tokyo Haneda par exemple. Le plan désormais est de reprendre des parts de marché. Une nouvelle route sera inaugurée au mois de septembre, entre Tokyo Narita et Melbourne. Une autre va rouvrir le 15 septembre sur Kona (Hawaii) – elle avait été supprimée en octobre 2010. Et nous annoncerons d’autres routes un petit peu plus tard.

© Japan Airlines
Quelle est la situation de Japan Airlines aujourd’hui et quels sont les projets pour les années à venir ?
Nous nous sommes bien rétablis après la faillite de 2010 et nous avons réussi à surmonter nos difficultés au bout de quatre ans. Nous avons réussi à exécuter de notre premier plan intermédiaire [années fiscales 2012-2016, ndlr] et obtenu 10% de marge opérationnelle, avec plus d’un milliard de dollars de bénéfice opérationnel.
Selon notre plan intermédiaire 2017-2020, nous continuerons d’affiner nos produits et services, pour améliorer la qualité de service et l’expérience client, y compris en investissant dans des solutions IT. Par ailleurs, nous nous préparons à étendre nos compétences à d’autres domaines d’activité, où nous pourrons tirer parti des atouts de JAL. Nous prévoyons de réaliser 30% de croissance de nos revenus avec ces nouvelles activités (en relation avec l’aérien, ou totalement nouvelles) par rapport à l’année fiscale 2016.
En ce qui concerne notre coeur d’activité, le transport full-service, les prévisions indiquent que le siège au kilomètre offert (ASK) pour les vols internationaux devrait augmenter de 5.2% chaque année entre 2017 et 2020 (en comparaison avec l’année fiscale 2016), soit une hausse de 23% en 4 ans. Nous prévoyons d’étendre de notre réseau international au même rythme que le marché. Sur le domestique, l’ASK devrait augmenter de 5% globalement, avec un focus sur les lignes les plus importantes.
Enfin, nous allons procéder à des investissements afin d’améliorer à la fois la sûreté de nos vols et nos services. Ils pourront être menés de façon rapprochée, ce qui signifie que nos bénéfices seront sans doute à la baisse au moins temporairement. Mais ces investissements, que nous considérons comme stratégiques, représentent les conditions de base pour améliorer nos revenus et augmenter nos profits.
Avec une telle croissance, quels sont vos projets en termes de flotte ?
Aujourd’hui, nous avons environ 220 appareils. Nous avons le projet d’élargir la flotte et, actuellement, il consiste à intégrer de nouveaux 787, des A350 et les MRJ. Mais nous ne prévoyons pas d’intégrer l’A380 ou le 747-8 dans notre flotte.
Quelles seront les missions de l’A350 ?
Les A350 arriveront à partir de 2019 et seront déployés sur le réseau domestique. Nous les utiliserons en remplacement des 777 domestiques sur des routes à forte demande. Leur configuration n’a pas encore été décidée.
Les retards du MRJ vous touchent-ils beaucoup ?
Pour le moment, les retards du MRJ n’ont pas d’impact concret car les livraisons étaient dès le départ prévues à partir de 2021 et cette date est maintenue. Il sera opéré principalement pour des vols régionaux au départ et à l’arrivée d’Osaka Itami par J-AIR, la filiale domestique de JAL.
Quel a été l’impact des attentats à Paris et en Europe ?
Le nombre de passagers japonais vers Paris a beaucoup baissé. Juste après les attentats de 2015, le vol de Narita a perdu 60% et celui d’Haneda 40%. Aujourd’hui, la demande des Japonais revient et nous nous sommes un petit peu rétablis mais nous n’avons pas atteint le niveau d’avant les attaques. Nous avons davantage de Français qui vont au Japon mais cela ne suffit pas à compenser. D’où la suspension du vol de Narita. Avant, nous avions 25% d’européens sur nos vols et 85% de Japonais, aujourd’hui, la proportion s’établi à 30%-70%.
Le reste de l’Europe n’a pas été touché.
Avez-vous souffert du développement rapide des low-cost au Japon ces dernières années ?
Il y a deux sortes de compagnies low-cost : domestiques et moyen-courrier. Sur le domestique, elles n’ont eu que peu d’impact direct car notre « business model » est très différent. Cependant leur expansion entraîne une augmentation significative de l’offre sur certaines lignes et nous prévoyons par conséquent une baisse de revenus.
Au niveau du moyen-courrier, l’impact est plus important surtout vers la Corée et la Chine car elles vendent beaucoup moins cher. Mais même si nous avons perdu de la clientèle, l’arrivée de ces low-cost a élargi le marché et il arrive que les clients se tournent vers Japan Airlines lorsqu’ils ne peuvent pas emprunter un vol low-cost.
Les Jeux Olympiques de 2020 devraient vous profiter.
Avec les JO, nous attendons beaucoup de touristes étrangers à Tokyo. Mais il y aura des opportunités à saisir sur notre marché domestique avec une demande importante de la part des touristes étrangers pour visiter non seulement Tokyo mais aussi les différentes régions du Japon.










