Le temps où Iberia était moribonde appartient au passé. Après une lourde restructuration, la compagnie espagnole redresse enfin la tête et enregistrera cette année ses premiers bénéfices annuels depuis six ans. Le signe de cette renaissance pour Marco Sansavini : « nous sommes clairement dans une phase de croissance. » En effet, le directeur commercial d’Iberia était en France la semaine dernière pour annoncer une augmentation de 20% des capacités vers l’Hexagone.
Neuf nouvelles routes seront assurées cet été, dont une liaison entre Madrid et Paris CDG (réalisée par Iberia Express) ou Orly et La Corogne. Par ailleurs, des augmentations de fréquences sont prévues au départ de Paris, Lyon, Nantes et Nice. Toutes les liaisons seront opérées par Iberia, Iberia Express ou Air Nostrum. Sur le long-courrier aussi, la croissance est au rendez-vous. Iberia va en effet retourner à La Havane après deux ans d’absence et lancer également des lignes vers Cali et Medellin.
Le résultat de deux années très difficiles pour les salariés lors desquelles le plan de futuro a vu la mise en place de deux plans de départ (l’un volontaire, l’autre en préretraite) avec l’objectif de réduire les effectifs de 5 000 personnes – 3 800 ont déjà quitté la compagnie. Pour les employés restants, des réductions de salaires ont été négociées, de 14% pour le personnel navigant et de 7% pour le personnel au sol. Enfin, l’impact le plus important a été atteint grâce à une renégociation des contrats de travail.
La transformation a également touché le secteur opérationnel, avec la suspension de lignes non rentables, le lancement de la modernisation de la flotte – avec le début du remplacement des A340-300 par des A330-300 – et l’amélioration des produits à bord –notamment sur les A340-600.
« Aujourd’hui, Iberia est une compagnie différente et très compétitive. » Ce qui explique la reprise du développement en Amérique du Sud, malgré un renforcement des compagnies concurrentes sur les liaisons transatlantiques. « Il y a deux ans, les routes que nous avons abandonnées ou sur lesquelles nous n’entrions pas n’étaient pas rentables. Aujourd’hui nous avons de bien meilleurs coûts et de bien meilleurs produits qui nous permettent d’être beaucoup plus compétitifs. Nous sommes dans une situation vraiment unique où nous avons une force compétitive que nous n’avons jamais eue jusqu’à présent. »
Sur le secteur moyen-courrier aussi. La combinaison d’Iberia, Iberia Express et Air Nostrum permet de très bien maîtriser les coûts. Notamment, « Iberia Express a une structure de coûts très efficace, similaire aux compagnies low-cost. C’est l’une des raisons qui nous permet de développer notre réseau moyen-courrier. »
« Iberia a vécu une période de restructuration très profonde, très dure mais très rapide aussi. » Car il y a deux ans, la compagnie espagnole perdait un million d’euros par jour. Aujourd’hui, elle peut de nouveau envisager la croissance et l’acquisition de nouveaux avions – huit A330-200 et huit A350-900. Mais, Marco Sansavini prévient : « il y a encore beaucoup à faire pour consolider. »









