Ainsi qu’elle l’avait annoncé la semaine dernière, l’IATA a révisé à la hausse le montant des pertes estimées de l’industrie du transport aérien cette année. L’association internationale a révélé le 8 juin qu’elle estimait les pertes des compagnies aériennes à 9 milliards de dollars en 2009, au lieu du déficit de 4,7 milliards initialement prévu. Elle a également révisé son estimation pour 2008 de 8,5 à 10,4 milliards de dollars de pertes. Ces nouveaux chiffres ont été dévoilés dans le cadre de l’assemblée générale annuelle de l’IATA, qui se tient cette année à Kuala Lumpur.
Selon Giovanni Bisignani, le directeur de l’association, il s’agit de la situation la plus dramatique à laquelle le transport aérien ait eu à faire face dans toute son histoire. L’industrie est actuellement en mode de survie et rien ne laisse de place à l’optimisme. Après les attentats du 11 septembre 2001, les recettes des compagnies ont chuté de 7% et elles ont eu besoin de trois ans pour se redresser, malgré une situation économique générale solide. Cette fois, la dégringolade est de 15%, en pleine récession mondiale.
La région la plus touchée sera l’Asie Pacifique, avec 3,3 milliards de pertes en 2009, en raison de la profonde récession au Japon et de la chute des exportations de la Chine et de l’Inde. L’Europe va quant à elle perdre 1,8 milliard de dollars, un déficit principalement causé par l’effondrement du trafic Premium et l’impact négatif de couvertures carburant souscrites alors que le pétrole était plus cher qu’aujourd’hui.
Ce problème ne se pose pas en Amérique du Nord, surtout aux Etats-Unis, où les compagnies n’avaient pas les moyens de se couvrir et ont profité tout de suite de la baisse des prix. Malgré cela et l’ajustement rapide des capacités à la baisse de la demande, les transporteurs de la région devraient enregistrer un milliard de pertes. Enfin, le Moyen Orient a beau profité d’une hausse de trafic solide, ses hubs intercontinentaux pâtissent de la récession qui touche l’Europe et l’Asie, ses principaux marchés. Les compagnies de la région devraient ainsi perdre 1,5 milliard de dollars.







