L’assemblée générale annuelle de l’IATA s’est ouverte sur le constat que le transport aérien se porte mieux. Surtout en Amérique du Nord. L’association internationale du transport aérien a indiqué que ses compagnies devraient générer 727 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2015 et 29,3 milliards de dollars de bénéfices – une révision à la hausse de 17% des prévisions du mois de décembre (à 25 milliards de dollars) et une croissance de 78,6% par rapport au bilan de 2014 (16,4 milliards de dollars).
Si cette amélioration a touché toutes les régions du monde, elle a été très inégale. Les compagnies d’Amérique du Nord sont en effet les plus performantes, enregistrant à elles seules plus de la moitié des bénéfices : 15,7 milliards de dollars (53,6%). Elles ont également une marge nette de 7,5%, quand la moyenne mondiale se situe davantage autour de 4%.
L’IATA a également souligné que pour la première fois de leur histoire, les compagnies ont réussi à enregistrer un retour sur capitaux investis supérieur au coût du capital. Là encore, un résultat emmené par les compagnies nord-américaines.
Alors pourquoi un tel succès dans cette région ? Parce que les compagnies ont pu tirer davantage de bénéfices de la baisse du prix du pétrole, explique Tony Tyler, le président de l’IATA. Elle ne subissent pas, par exemple, le problème des couvertures des taux de change qui ont compensé tous les bénéfices liés au kérosène dans les compagnies ayant des coûts dans une autre monnaie que le dollar.
Mais ce n’est pas là la raison principale. « Le plus important facteur d’amélioration des résultats n’est pas le carburant mais une plus grande efficacité », indique-t-il. En effet, les compagnies nord-américaines sont passées par de lourdes restructurations depuis 2001 qui ont considérablement assaini leur structure. Elles se sont par la suite lancées dans une vague importante de consolidation qui, si elle a maintenu une concurrence féroce, a permis de consolider, outre le ciel, les résultats. Et elles ont su prendre des risques financiers en investissant lourdement dans leurs produits – un milliard de dollars par mois, souligne Tony Tyler.
Enfin, bien que soutenues par la force de leur marché domestique, elles ne se laissent pas emporter par l’euphorie de leurs bons résultats au premier trimestre et le niveau des prix du carburant et restent dans une optique de strict contrôle des capacités pour les ajuster au plus près à la demande, ajoute Brian Pearce, directeur économique de l’IATA.
Ailleurs, « de nombreuses compagnies ont une santé meilleure mais pas exceptionnelle », selon Tony Tyler. En Asie, elles souffrent particulièrement de la situation du cargo. Les transporteurs européens quant à eux, devraient enregistrer un bénéfice net de 5,8 milliards de dollars, avec une petite marge de 2,8%. Si une lente amélioration se dessine depuis deux ans – grâce au réseau vers les Etats-Unis et le Canada –, le marché intra-européen reste affaibli, notamment à cause de la situation économique dans les pays du sud du continent. Les compagnies souffrent également de la crise ukrainienne et, au niveau réglementaire, de la lourdeur des lois et des taxes.









