L’association internationale du transport aérien (IATA) a émis une nouvelle alerte le 28 juillet au sujet de la situation au Venezuela. Le gouvernement tarde toujours à honorer sa promesse de restituer aux compagnies aériennes les avoirs bloqués dans le pays et ceux-ci atteignent désormais 4,1 milliards de dollars. De plus en plus circonspectes, les compagnies réduisent leurs services, avec une conséquence : « le Venezuela risque d’être déconnecté de l’économie mondiale », estime Tony Tyler, le directeur général de l’IATA.
L’association a déjà calculé que les capacités offertes vers le pays sud-américain avaient diminué de 36% en moyenne, une réduction atteignant 49% par rapport au pic de vols de 2013.
Environ 25 compagnies sont concernées par ce problème de blocage des revenus générés au Venezuela. Tame (Equateur) et Air Canada ont déjà suspendu toutes leurs liaisons vers Caracas. Bien plus nombreuses sont celles qui ont réduit leurs fréquences, comme Air France ou Lufthansa.
Les compagnies américaines notamment ont pris des mesures drastiques. Ayant 188 millions de dollars à récupérer, Delta Air Lines s’apprête à rendre hebdomadaire sa liaison quotidienne entre Atlanta et Caracas. American Airlines, encore plus touchée puisqu’elle attend le remboursement de 791 millions de dollars, a supprimé tous ses vols vers Caracas sauf ceux au départ de Miami, passant de 48 à dix vols hebdomadaires vers le pays.
Le gouvernement tente de convaincre de sa bonne volonté et rencontre régulièrement des représentants de compagnies : Air France, Avianca, Caribbean Airlines et United Airlines ont eu des entretiens la semaine dernière avec les ministres des Transports et des Finances. 424 millions de dollars ont également été remboursés à plusieurs transporteurs (dont Avianca et Latam).
Pourtant, la dureté de la ligne du gouvernement a de nouveau pu être appréciée le 24 juillet lorsqu’il a décidé de suspendre tous les vols entre le Venezuela et les Antilles néerlandaises, à la suite de l’arrestation, à la demande des Etats-Unis, de l’ancien chef des services secrets à Aruba. Les liaisons ont pu reprendre le 26 juillet. Mais la mesure, si elle avait duré, aurait encore dégradé la capacité des Vénézuéliens à se déplacer.
« Le transport aérien pourrait jouer un rôle important dans la reprise économique du Venezuela. Sans liaisons aériennes solides avec le reste du monde, il y a peu de chance de reprise », plaide Tony Tyler, en ajoutant que l’IATA était prête à participer à la recherche d’une solution.








