Première opératrice de l’A350 en Europe, Finnair a récemment fêté le premier anniversaire de l’exploitation de l’A350 – il est entré en service sur l’Asie en novembre 2015. A cette occasion, Javier Roig, directeur des ventes de Finnair pour l’Europe du Sud, expose ce que l’appareil a changé pour la compagnie et esquisse le bilan de 2016.
Cela fait maintenant un an que l’A350 est en service chez Finnair. Qu’est-ce que l’appareil vous a apporté ?
C’est un produit idéal, le produit star de notre flotte et nous en sommes très fiers. Nous en avons déjà sept en service, avec lesquels nous avons transporté plus de 550 000 passagers et qui ont parcouru plus de 15 millions de kilomètres. L’A350 vole aujourd’hui en moyenne 14 heures par jour. Nous continuons à développer notre flotte : fin 2017, nous aurons onze appareils et dans les années suivantes nous arriverons à dix-neuf, ce qui est la commande officielle de Finnair. A terme, toute notre flotte sera opérée par des A350.
La satisfaction client atteint 85%. L’A350 a introduit une autre manière de voler : il est très performant pour l’environnement déjà mais aussi en termes de confort, avec moins de bruit, une meilleure qualité de l’air… Nous avons une classe affaires exemplaire, une classe économique améliorée, plus d’espace pour les jambes, des écouteurs qui atténuent encore le bruit, un système d’éclairage très innovant qui permet d’éviter le plus possible le jet lag.
L’A350 a aussi introduit le wifi chez nous. L’année prochaine nous proposerons le wifi sur toute la flotte long-courrier – la majorité de la flotte restante est composée d’A330, ainsi que quelques unités d’A340 mais qui partent à la retraite pour laisser la place à l’A350.
Sur chaque vol, l’A350 permet plus de 20% d’économie de carburant donc nous envoyons moins de particules dans l’atmosphère et nous sommes une option « verte ». C’est un message très important pour nos clients en Europe du Nord, moins malheureusement pour la France, même si l’idée commence à intéresser les sociétés. Cette économie en carburant nous permet bien sûr de garder aussi des tarifs qui suivent la demande. Nous sommes dans un marché très concurrentiel où nous offrons déjà une escale. Il faut donc sensibiliser les clients avec des tarifs inférieurs à ceux des vols directs et expliquer que ce n’est pas un détour ni une folie d’aller en Asie avec Finnair puisque tous les vols directs qui relient la France à l’Asie du Nord vont survoler la Finlande. Avec l’escale, nous rajoutons au maximum une heure de voyage. Et nous avons un autre avantage : notre stop, en plus d’être sur le chemin, n’est jamais la nuit. Nous ne sortons pas les passagers à 3h du matin pour connecter sur un long-courrier. Nos connexions se passent pendant la journée et pendant la nuit les passagers peuvent dormir ou s’ils veulent regarder des films…
Sur quelles destinations sont-ils placés ?
Aujourd’hui l’A350 vole sur Shanghai, Pékin, HK, Bangkok et petit à petit le réseau se développe. Nous avons fait des essais sur d’autres destinations comme Séoul et Singapour et l’A350 ira à terme sur les dix-sept que nous avons sur le continent asiatique. Il vole à Londres également. Pour l’Amérique du Nord, cela arrivera plus tard ; nous pouvons le placer sur quelques rotations pour faire connaître le produit mais cela restera ponctuel. Pour en revenir à Bangkok, il s’agit de la destination la plus intéressante potentiellement pour la France car les Français volent beaucoup vers la Thaïlande. C’est donc stratégique d’avoir placé l’A350 sur cette destination pour faire connaître notre produit grâce au bouche à oreille. Envoyer des passagers à Bangkok, c’est comme envoyer des commerciaux…
Depuis les attentats, il y a une désaffection des passagers japonais et chinois pour la destination France, or ce sont deux marchés-clés pour vous. Quel a été l’impact sur vos opérations ?
Il est vrai que la demande vers l’Europe du Sud n’est plus aussi importante au départ de l’Asie. Mais l’Europe ne finit pas au sud et il y a aussi l’Europe du Nord, c’est ce marché qui a connu une augmentation très importante de la demande. Nous sommes également un partenaire idéal pour les clients asiatiques qui s’intéressent à l’Europe du Nord parce que nous sommes très bien positionnés, près de la Norvège, la Suède, la Russie, avec Saint-Pétersbourg… C’est pour cela que l’A350 vole sur Londres et que nous allons beaucoup développer ce secteur pour l’été 2017.
Mais la situation n’est pas si délicate en France, en Espagne et en Italie car cela nous ouvre beaucoup de disponibilité sur nos avions : la baisse des ventes sur l’Europe du Sud et le fait que les destinations du nord soient très la mode en Asie font que nous avons beaucoup plus de places à vendre en France et cela nous a ouvert des possibilités. Nous avons de très bons résultats origine France cette année. Depuis janvier, nous sommes la 3e compagnie la plus commercialisée avec une escale au départ de Paris CDG vers le Japon, la Chine, la Corée et Hong-Kong. C’est très important et c’est la première fois que cela arrive. Nous n’avons jamais été dans une aussi bonne situation au départ de l’Europe du Sud (France, Espagne, Portugal, Italie). Nous n’avons pas dans notre culture de frimer mais c’est une réalité, les chiffres sont avec nous. Et j’estime poursuivre sur cette voie. Donc malgré la situation, nous allons voir notre trafic en France augmenter d’environ 5% en 2016, comme en 2015.









