Etihad Regional bat en retraite face à l’offensive de Swiss. La compagnie suisse, dont les vols sont opérés par Darwin Airline, a annoncé le 20 janvier qu’elle allait se restructurer. Elle va suspendre quatre routes déficitaires et augmenter son activité d’opérations sous contrat pour des compagnies tierces.
Les quatre lignes suspendues le seront à partir du début du mois de février. Il s’agit de Genève – Toulouse, Genève – Nice, Zurich – Lugano et Zurich – Linz. Des appareils seront ainsi libérés pour l’activité ACMI. Darwin exploite actuellement quatre ATR 72-500 et huit Saab 2000.
Maurizio Merlo, président exécutif de Darwin, a justifié ce revirement par la persistance du marasme économique en Europe et le fait que la compagnie attende toujours l’autorisation pour des accords de partage de code avec Etihad.
Mais il blâme surtout le comportement de Swiss et, plus généralement, du groupe Lufthansa. Le groupe aurait pris plusieurs « mesures abusives destinées à faire sortir [Darwin] du marché suisse. » Ainsi, après dix ans de coopération, Swiss a mis fin à un accord interligne et à ses accords de wet lease avec Darwin sur la route Zurich – Lugano, remplaçant ses appareils par d’autres issus de la flotte de Tyrolean Airways. La compagnie s’est également positionnée pour la première fois sur plusieurs routes opérées par Darwin, notamment des lignes sur lesquelles le trafic stagnait, et tente de tirer les prix vers le bas. Enfin, Lufthansa a mis fin aux assurances que Darwin avait contractées auprès de Lufthansa Aviation Insurance Group, augmentant ses coûts.
Pour toutes ses raisons, Darwin a saisi l’autorité chargée de la régulation de la concurrence en Suisse pour pratiques anticoncurrentielles. Mais en attendant, Maurizio Merlo a estimé qu’il serait imprudent et risqué de tenter de tenir tête au géant : « nous avons fait ce que toute compagnie responsable aurait fait et choisi de nous adapter plutôt que de persister dans un combat que nous ne pouvons pas gagner. »









