La Commission européenne a porté le dernier coup fatal à Cyprus Airways. L’institution a rendu le 9 janvier les conclusions de son enquête sur les aides d’Etat accordées à la compagnie chypriote, les a jugées illégales et l’a condamnée à rembourser 65,8 millions d’euros, plus les intérêts, au gouvernement de Nicosie. Par conséquent, Cyprus Airways a cloué ses appareils au sol le soir même et entamé une procédure de liquidation.
En difficulté financière depuis longtemps, Cyprus Airways avait vu son horizon dangereusement se couvrir au début de l’année, lorsque la bourse chypriote a décidé de suspendre sa cotation. Elle avait avancé l’opacité des comptes de la compagnie pour justifier sa décision mais l’ombre du jugement européen planait également.
La Commission a expliqué que Cyprus Airways avait bénéficié de fonds publics importants depuis 2007 sans parvenir à sortir la tête de l’eau. Une première aide lui a été accordée à cette date, de 95 millions d’euros, qui a été approuvée par l’UE.
Cependant, en 2012, 31,3 millions d’euros ont été investis par le gouvernement chypriote dans le cadre d’une recapitalisation de la compagnie, ainsi que 34,5 millions d’euros supplémentaires dans le cadre d’une aide au sauvetage. Autant de versements réalisés sans attendre l’avis de la Commission européenne, qui a donc ouvert une enquête approfondie en 2013. D’autant qu’un nouveau programme d’aides d’un montant de 102,9 millions d’euros a encore été notifié en 2013.
L’Union européenne a estimé que toutes ces aides violaient le principe de non-récurrence des aides d’Etat (dont les entreprises ne peuvent bénéficier que tous les dix ans) et avaient conféré à la compagnie un avantage sur ses concurrents. Elle a également jugé qu’elle n’avait aucune perspective de redressement sans aides publiques. Margrethe Vestager, commissaire chargée de la politique de concurrence, a expliqué qu’« injecter davantage d’argent public n’aurait fait que prolonger la lutte sans rien changer à la situation. »
Si le gouvernement chypriote a immédiatement décidé de clouer la compagnie au sol, il envisage également déjà de la relancer. C’est ce qu’a indiqué un porte-parole du gouvernement à la radio ce week-end.
Cyprus exploitait six A320 et desservait Paris quatre fois par semaine.









