Le groupe IAG a annoncé le 16 avril que British Airways et Iberia ne faisaient plus partie de l’AEA (Association of European Airlines). Cette décision fait suite à un désaccord persistant avec les autres compagnies membres, notamment au sujet de leur attitude face à la concurrence des compagnies du Golfe.
« Nous pensons que la libéralisation mondiale de notre industrie est fondamentale pour notre croissance à venir et nous ne sommes pas prêt à faire des compromis dans ce dossier essentiel », indique le groupe. Le désaccord porte donc principalement sur le travail d’Air France-KLM et de Lufthansa auprès de la Commission européenne pour limiter l’accès à l’Europe des compagnies des Emirats Arabes Unis et du Qatar et le reproche qui leur est fait de percevoir des aides d’Etat.
IAG a toujours pris ses distances dans la querelle autour des compagnies du Golfe, aussi bien lorsque celle-ci a été déclenchée par les deux grands groupes européens que lorsqu’elle s’est intensifiée début mars avec l’étude publiée par les trois majors américaines. Dans cette étude, elles accusent ces compagnies arabes d’avoir touché plus de 40 milliards de dollars d’aides (sous forme de subvention, de financement de leurs infrastructures ou de réduction sur la facture carburant) en dix ans.
Ce retrait d’IAG a d’ailleurs été remarqué par James Hogan, le CEO d’Etihad, qui avait déclaré le 26 mars devant l’Aviation Club à Londres : « il y a une compagnie aérienne globale qui ne s’est pas plainte de la nouvelle concurrence des transporteurs du Golfe – c’est votre compagnie aérienne, British Airways. British Airways est une entreprise qui s’est forgée pendant des décennies de concurrence féroce sur son marché intérieur, à travers l’Europe et dans le monde. Willie Walsh ne se plaint pas lorsqu’il voit un nouveau concurrent entrer sur le marché, il se lance et se bat ! »
IAG ne vit pas non cette concurrence de la même façon, son réseau étant particulièrement fort entre Londres et les Etats-Unis. Mais surtout, le groupe est partenaire de Qatar Airways au sein de oneworld et, depuis peu, dans son essence-même puisque la compagnie qatarie a acquis une participation de 9,99% dans son capital.








