Gil Michielin, le nouveau Directeur général adjoint Avionique de Thales nous avait prévenus, à quelques semaines de l’ouverture du salon du Bourget : « Les activités aéronautiques civiles du groupe seront marquées par la connectivité ». Un an après le rachat de l’opérateur LiveTV à la compagnie américaine JetBlue, la connectivité n’a en effet jamais été aussi présente dans les nouveaux produits embarqués proposés par Thales, aussi bien à destination des passagers (IFEC) que dans des applications pour les opérateurs (compagnies aériennes, équipages).
Le nouvel EFB Topwings sera testé par Air France l’année prochaine
Thales a ainsi profité du salon du Bourget pour présenter la nouvelle génération de sacoche de bord électronique Topwings. Ce nouvel EFB répond à une double problématique : la multiplication des applications utiles pour pilotes et la grande disparité des systèmes d’exploitation et des architectures hardware pour ce type d’équipements destiné aux pilotes, ce qui engendrent des coûts supplémentaires induits pour les opérateurs (maintenance, superposition d’applications similaires etc…).
Ainsi, le nouvel EFB Topwings se veut « tout-en-un », et aussi bien « Pilot attached » (classe 2) qu’« Aircraft Attached » (classe 3). Simple d’utilisation, le nouvel EFB a été conçu par des pilotes pour des pilotes. Une fois connecté à son compte personnel, le pilote a ainsi accès à l’ensemble des applications usuelles (calculs des vitesses, cartes, météorologie, carnet de vol, manuels) mais aussi à d’autres fonctionnalités comme l’accès à un planning, des informations sur les transports ou l’hébergement en escale…
Les ingénieurs de Thales nous ont également précisé que la version finalisée devrait être prête avant la fin de l’année avant d’être testé par une première compagnie aérienne, Air France, l’année prochaine. Air France participera à la spécification de cette suite logicielle et envisage d’équiper à terme l’ensemble de sa flotte, voire même les autres compagnies du groupe.
Les services connectés destinés à booster les « ancillaries »
Deux mois seulement après avoir rebaptisé sa branche IFEC au salon Aircraft Interiors de Hambourg (lire l’article : Avec Thales InFlyt Experience, Thales veut prendre la première place mondiale des IFEC), Thales présentait au salon du Bourget son système de suivi de la connectivité de la flotte liée à son activité FlyLive.
L’outil permet de visualiser en temps réel l’état des solutions de connectivité (par appareil) à haut débit ainsi que les applications connectées associées.
De nouvelles solutions baptisées InSyte vont désormais être proposées aux opérateurs pour augmenter leurs recettes auxiliaires (ancillaries) en analysant par exemple les transactions en vol (par type de route, horaires, durée du vol, city pairs, phase de vol, etc…) ainsi que l’usage réel de la connectivité effectué par le passager (sites Internet consultés, contenu vidéo…).
Ces solutions permettront ainsi aux compagnies aériennes d’adapter leurs prix et leurs contenus pour augmenter les ventes. Selon une étude présentée par Thales, les recettes auxiliaires représentent aujourd’hui un marché de 40 milliards de dollars par an dont seulement 12% sont liés au secteur des IFEC, en forte progression.
Avionics 2020 devient connecté
Le démonstrateur de poste de pilotage entièrement tactile de Thales a beaucoup changé depuis quelques mois. Avionics 2020 comprend désormais de nouvelles fonctionnalités reliées à l’ATC, à l’opérateur (compagnie aérienne), à des services connectés (météorologie en temps réel) et à des fournisseurs de données (cartographie). Le démonstrateur n’était jusqu’à présent que « Crew centric » mais l’ajout des nouvelles fonctionnalités connectées préfigure encore plus ce que deviendront les postes de pilotage dans l’avenir.
Ainsi, le plan de vol peut désormais être chargé dans le FMS du poste de pilotage à partir d’un EFB sur tablette en un clic (connexion Wi-Fi sécurisée). La route est alors présentée sous la forme de la traditionnelle « timeline » propre à Avionics 2020. La connectivité apporte aussi les cartes nécessaires au départ (roulage, SID), les clairances au sol et en vol, la possibilité de charger un plan de vol secondaire (à valider) en provenance de l’ATC. Le système élabore également de multiples scénarios en fonction de l’environnement du vol (trafic, météo) et de la politique de l’opérateur (route optimale consommation, rattrapage de retard…).
À noter qu’Avionics 2020 dispose également d’une nouvelle fonctionnalité permettant d’afficher plusieurs segments de vol, ce qui permet par exemple de prendre en compte l’impact du vol en cours sur le suivant, ce qui est particulièrement utile pour l’aviation d’affaires notamment.








