Geven diversifie le profil de son offre de classe économique. Le constructeur de sièges italien fournira en effet les fauteuils de classe économique pour la cabine à onze sièges de front de l’A380. Mais pas seulement. Il travaille également au Piuma Sofà, une solution qui permettra aux passagers de transformer un bloc de trois ou quatre sièges en lit.
Le principe est simple : il suffit de détacher les appuie-tête de chaque siège en appuyant dessus et de les fixer au bout de l’assise puis de relever les accoudoirs pour obtenir un lit pouvant aller jusqu’à 2 mètres de long (sur une rangée de quatre sièges) et d’environ 70 cm de large (dépendant du pitch choisi par la compagnie aérienne).
Le passager choisissant cette option se verra remettre une clé qui permet de débloquer le système et un kit d’installation (drap, oreiller, couverture, éventuellement surmatelas, au choix de la compagnie). L’idée, explique le créateur du concept Trevor Lambert, est que « tout soit facile à réaliser par le passager afin de ne pas ajouter une charge de travail supplémentaire à l’équipage en cabine. »
Tout a en effet été pensé pour que l’impact soit réduit au maximum pour la compagnie. Au niveau physique, le siège est tout à fait standard, dispose des mêmes espaces de rangement que n’importe quel fauteuil (notamment sous le siège), permet au passager situé derrière de poser ses pieds sur la barre, est doté d’une épaisseur d’assise classique et peut également contenir un système de divertissement.
En termes d’opérations, il permet de gérer l’offre au mieux. La compagnie peut proposer Piuma Sofà à la fin de la période de réservation, sur les sièges non vendus, lorsque le remplissage reste faible. Le service peut même « être proposé à bord de l’avion, après l’embarquement. » Ainsi, la compagnie a la possibilité de vendre jusqu’à la dernière minute des sièges autrement condamnés à rester vides.
Trevor Lambert explique que sur un Boeing 777-300ER, l’installation de 23 lits pourrait générer jusqu’à 4 600 dollars de recettes additionnelles, si le Piuma Sofà était mis en vente 200 dollars (en plus du prix du billet). Il estime également que la recette au siège pourrait atteindre en moyenne 7 000 dollars par an, ce qui rentabiliserait le Piuma Sofà en moins d’un an.
Un concept similaire existe déjà chez Air New Zealand, la Sky Couch. Mais Trevor Lambert souligne que le système de la compagnie néo-zélandaise s’appuie sur un repose-jambe relevable qui occupe du volume « dans la zone critique du siège », du sol jusqu’à l’assise, et pèse plus lourd.
Piuma Sofà a déjà rencontré son succès. « Nous avons signé plusieurs lettres d’intention, notamment avec AirAsia X. Ils attendent de voir le prototype avant de convertir en commande ferme. » Le premier prototype devrait être présenté rapidement puisqu’il doit être prêt au mois de juillet. L’entrée en service est quant à elle prévue en mai 2016.









