La direction d’Air France dit avoir entendu ses pilotes. A l’accusation de ne pas avoir assez expliqué les modalités de création de Transavia Europe, Alexandre de Juniac a répondu par la suspension du projet le temps de le présenter clairement à ses salariés et de le négocier. En contrepartie, le président d’Air France-KLM demande une accélération du développement de Transavia France.
En ce qui concerne Transavia France, la méthode est simple : « nous voulons développer Transavia France sur la base d’un schéma viable, celui qui a déjà réussi et qui a permis d’arriver à quatorze avions » indique le président d’Air France-KLM.
Et l’avertissement fuse : « si cette proposition n’était pas acceptée par le SNPL, nous serions contraints de dénoncer l’accord de création de Transavia France. » Signé en 2007, il limite le développement en moyens propres à quatorze avions.
Le SNPL a déjà rejeté la proposition. Alexandre de Juniac indique que la procédure en dénonciation dure une quinzaine de mois (trois mois de préavis et douze mois durant lesquels l’accord reste en vigueur). « La décision va devoir être prise rapidement. »
Frédéric Gagey, le président d’Air France, a quant à lui rappelé que les syndicats de pilotes proposent le remplacement des 737 de Transavia par des A320 et la mise en place d’un contrat de travail unique pour les pilotes des deux compagnies. Or, il explique que le salaire des pilotes d’Air France est en moyenne 25% plus élevé que celui des pilotes de Transavia. Ramené à la totalité de la filiale, cela représente une augmentation de 2 à 3% des coûts. Or 3%, c’est la marge de Transavia. « On ne va pas changer la flotte de Transavia, on ne va pas sacrifier dès le début deux ou trois points de marge. »
Les pilotes d’Air France ont entamé leur deuxième jour de grève aujourd’hui, une grève qui fait perdre 20 millions d’euros par jour à la compagnie.









