C’était attendu : Air France-KLM a enregistré une belle performance au troisième trimestre. Son bénéfice net s’est envolé, atteignant 480 millions d’euros contre 86 millions l’année dernière à la même période. Si, à données comparables (sans prendre en compte la grève des pilotes en 2014 et à taux de change constant), le chiffre d’affaires accuse une baisse de 2,4% (7,4 milliards d’euros), le résultat d’exploitation s’améliore de 51% à 898 millions d’euros.
Dans un communiqué, Alexandre de Juniac résume : « un environnement favorable, principalement marqué par la baisse du prix du carburant et par une forte demande à l’été, conduit à une amélioration des résultats d’Air France-KLM au cours du troisième trimestre et des neuf premiers mois de 2015. Ces facteurs conjoncturels viennent s’ajouter aux effets positifs du plan Transform 2015 engagé depuis 2012. »
Mais il y a un bémol : « cette progression ne permet cependant ni de combler le différentiel de compétitivité avec nos concurrents ni de disposer des moyens de financer la croissance du groupe. » Le président d’Air France-KLM appelle donc ses salariés à mettre en œuvre le plan Perform 2020. Si des accords de productivité ont déjà été conclus avec tous les secteurs de métier chez KLM, la situation est loin d’être aussi facile chez Air France.
Au contraire, elle est complètement bloquée. Après l’échec des négociations avec les syndicats au mois de septembre, Air France a présenté un plan d’urgence à ses employés comprenant des suppressions de lignes, des baisses de fréquences, le retrait de quatorze appareils et la suppression de 2 900 emplois sur 2016-2017. Des décisions d’autant plus difficiles à accepter que le contexte s’améliore et qu’Air France-KLM s’apprête à publier des résultats positifs pour la première fois depuis six ans. Si les mesures de 2016 ne peuvent plus être évitées, la direction promet la levée de celles de 2017 si des accords de productivité sont signés avant la fin de l’année.
Rien n’est moins sûr. Les syndicats de PNC ont affirmé le 23 octobre que les négociations n’avaient pas repris et qu’ils ne s’étaient jamais engagés à participer au plan Perform. Le 28 octobre, l’intersyndicale d’Air France (regroupant treize syndicats sol, PNC et PNT) a appelé à une nouvelle journée de manifestation le 19 novembre mais, surtout, a prévenu : « alors que les premiers entretiens disciplinaires de nos collègues mis en cause lors des événements du 5 octobre sont en cours, l’intersyndicale regrette que la direction d’Air France n’ait pas réalisé qu’il n’y aurait pas de négociations au sein de la compagnie tant que ces procédures ne seront pas arrêtées. »
Les objectifs de baisse de coûts sur l’année ont déjà été révisés à la baisse à entre 0,5 et 0,7%, contre une prévision initiale de 1 à 1,3%.









