Air Europa vient de clôturer son année fiscale (au 31 octobre), avec des résultats plutôt bons. Alcino Ribeiro et Vincent Verdonck, respectivement directeur France et Belgique et directeur des ventes pour la compagnie espagnole, ont expliqué les raisons de cette résistance, alors que l’économie espagnole reste en berne, et les évolutions à venir.
Air Europa a enregistré un chiffre d’affaires de 1,8 milliard d’euros en 2014, en hausse de 14%. Cette augmentation s’apparente à celle de son trafic puisqu’elle a transporté 13% de passagers en plus sur la période, soit 9,8 millions de voyageurs, en ne faisant croître le nombre de ses vols que de 8,5%.
La force d’Air Europa est d’avoir réussi à asseoir sa croissance sur celle de ses yields et non pas sur le nombre de passagers. Alors que l’industrie du transport aérien a plutôt vu ses tarifs moyens se réduire de 2%, ceux de la compagnie espagnole ont augmenté de 5%.
C’est aussi vrai en ce qui concerne la France. Les fréquences de vols, la présence d’une classe affaires sur Madrid (au départ d’Orly) ou la possibilité d’enregistrer son bagage sont quelques atouts qui ont attiré les voyageurs d’affaires vers Air Europa. Résultat : « nous arrivons à bien faire face à la concurrence low-cost vers l’Espagne », indique Vincent Verdonck en citant Vueling et easyJet comme principales concurrentes. Il reconnaît cependant que la compagnie n’est « pas la mieux placée en termes de prix pour les passagers loisirs. La clientèle opportuniste, qui se concentre sur le prix, nous échappe clairement. »
Après quatorze ouvertures de ligne, principalement en Europe pour nourrir ses vols long-courrier, Air Europa a décidé de placer 2015 sous le signe de la consolidation. Quelques nouveautés sont tout de même inscrites au programme, comme la réception d’un premier Boeing 787-8 en avril (à ce sujet, lire l’article spécial sur le Dreamliner chez Air Europa), des augmentations de fréquences, l’ouverture d’une ligne vers Tel Aviv en mars et la volonté de rendre directe la liaison vers Santiago du Chili (actuellement réalisée avec une escale au Brésil).
Un grand changement va intervenir au niveau du programme de fidélisation. Air Europa a en effet décidé d’abandonner Flying Blue pour lancer son propre FFP « Plus ». Valable à l’échelle de Globalia (la maison-mère), il permettra à la compagnie de favoriser ses partenaires au sein du groupe de tourisme dans l’organisation des voyages de ses passagers. « Plus » restera toutefois partenaire de Flying Blue, ce qui n’entraînera pas de changement majeur pour les membres du programme.
Par ailleurs, la compagnie cherche à développer ses accords de partage de code. Celui d’Air France ayant une portée limitée, Air Europa est en négociation avec Air Berlin et Etihad.
Enfin, un autre grand projet sur lequel elle travaille actuellement est la privatisation de TAP Portugal En concurrence avec Avianca et David Neeleman (fondateur de JetBlue puis d’Azul) notamment, elle rencontre toutefois un problème majeur, la dette de la compagnie que le gouvernement ne veut pas prendre en charge.









