Après le trou d’air de 2016, Turkish Airlines semble avoir retrouvé son dynamisme d’avant crise. Même si elle ne marque aucune pause dans sa croissance, celle-ci a récemment été contrainte malgré tout à cause de la saturation de l’aéroport Atatürk. Une situation qui devrait bientôt devenir du passé avec l’ouverture prochaine du nouvel aéroport d’Istanbul. Ahmet Harun Basturk, senior vice president Sales de la compagnie, revient sur la situation de Turkish Airlines, ce déménagement et la modernisation prochaine de la flotte long-courrier.
Après une année 2016 très difficile, est-ce que la reprise est installée pour Turkish Airlines ?
C’est vrai, 2016 n’a pas été une année facile mais 2017 a été très bonne. Et les huit premiers mois de 2018 ont été un succès jusqu’à présent, en France comme à l’échelle mondiale. Nous avons battu des records, par exemple en août nous avons eu un coefficient de remplissage de 86% et c’était un record par rapport à tous les mois d’août que nous avons vécus. D’ailleurs, notre objectif initial au début de l’année était de transporter 74 millions de passagers en 2018 mais nous avons révisé l’objectif à 75 millions. Donc la reprise est définitivement là.
Le trafic à destination de la Turquie a repris ou vous avez davantage un trafic de correspondance ?
Nous avons différents types de passagers mais la demande pour la Turquie s’est vraiment redressée. Le pays s’attend à accueillir 40 millions de touristes d’ici la fin de l’année, ce sera même mieux que l’année record de 2015. Nous avons vu une demande accrue de partout, de France, d’Allemagne… En plus, le secteur de l’aviation est plutôt en bonne santé et la plupart des compagnies sont plutôt confiantes.
Quels sont vos principaux challenges aujourd’hui ?
Aujourd’hui, nous volons vers 122 pays – bientôt 123 car nous lançons Lusaka, en Zambie, en décembre – c’est-à-dire partout, à part en Australie pour le moment. S’il y a des difficultés dans une région, nous pouvons déplacer les capacités ailleurs, donc c’est une opportunité. Mais en même temps c’est un challenge parce que ce n’est pas facile de gérer toute cette activité dans le monde entier. C’est un défi au quotidien et il est difficile de rester à la page.
Et le niveau du prix du carburant ?
Je ne peux pas dire que c’est un problème. Pour le moment. C’est un poste très important pour une compagnie aérienne donc nous surveillons toujours les cours de près. Le baril est à 80 dollars quand il était à 30 dollars il y a trois ans. Cela deviendra vraiment un sujet d’inquiétude si on dépasse à nouveau les 100 dollars le baril. Mais les premières qui souffriront, ce sont les compagnies low-cost car je ne vois pas comment elles pourraient soutenir leur business model sur le long terme avec un baril à ce niveau.
En revanche, le déménagement vers le nouvel aéroport d’Istanbul en est forcément un.
C’est même un sujet essentiel. Notre programme actuellement, comme pour toutes les autres compagnies qui desservent Istanbul, est que la migration doit se faire le 29 octobre. Nous nous tenons à ce programme et nous sommes prêts pour ce rendez-vous. C’est un gros travail : il y a plus de 300 avions, 300 services à déménager ! La migration ne se fera pas en un jour mais en trois. Nous allons doucement réduire nos capacités et il n’y aura pas de vol sur une période de douze heures. Puis nous allons déménager vers le nouvel aéroport et nous allons doucement réinstaurer les mêmes capacités que trois jours avant. C’est un défi, cela ne se fait pas en claquant des doigts.
Notez qu’il n’y aura pas de transfert d’opérations de Sabiha Gokçen vers le nouvel aéroport. C’est un aéroport très important pour Turkish Airlines car la zone de chalandise couvre toute l’Anatolie, la partie asiatique de la Turquie. Nous devons rester là-bas. S’il va nous apporter de l’efficacité, le nouvel aéroport n’a aucun effet sur nos projets ou notre stratégie à Sabiha Gokçen.
Vous vous préparez à introduire des Boeing 787 et des Airbus A350 dans votre flotte (25 appareils fermes de chaque modèle), sur quel type de cabine travaillez-vous ?
Il y a deux choses. Nous avons commencé à recevoir de nouveaux monocouloirs. Cet été, nous avons reçu notre premier A321neo et nous avons mis en ligne notre second 737 MAX il y a quelques jours. Nous avons un nouveau produit en classe affaires, de nouveaux sièges, plus privatifs, avec un meilleur écran IFE, tout a été dessiné pour ces monocouloirs.
Du côté des gros-porteurs, nous avons différentes configurations aujourd’hui selon les modèles d’avion mais nous n’avons pas ce qu’il se fait de mieux en matière d’intimité… Certaines personnes aiment notre configuration parce qu’elle offre beaucoup d’espace et est très bien si on vole avec des amis ou de la famille. Mais les gens qui voyagent seuls, pour affaires, préfèrent avoir davantage d’intimité et un accès facilité au couloir. Nos nouveaux appareils seront full access et auront donc un produit différent de nos long-courriers actuels. Le siège a déjà été choisi et nous donnerons plus de détails dans les prochains mois. Nous recevrons notre premier nouveau long-courrier en juin 2019, ce sera un Dreamliner, que nous mettrons en service sur Denpasar (Bali).








