Vous avez pris vos nouvelles fonctions en pleine pandémie, une période qui n’était, j’imagine, pas des plus faciles…
J’ai en effet pris la direction du Support et services après-vente de Safran Nacelles au mois d’avril 2021, à un moment où nous connaissions déjà pratiquement une année de crise. Mais j’étais déjà dans le Groupe et connaissait l’environnement que nous traversions. L’impact de la pandémie de covid-19 s’est ressenti sur tout le secteur aéronautique y compris à Safran Nacelles en 2020 et 2021. En ce début d’année 2022, avec la reprise graduelle du trafic aérien, nos activités reprennent, notamment avec le support apporté aux compagnies aériennes pour préparer la remise en service de leurs flottes.
Comment ont résisté les contrats de services NacellelLife(TM)?
L’activité support et service NacelleLife(TM) a continué, avec une activité commerciale assez dynamique durant ces deux années. Sur l’année 2021, nous avons ainsi signé une dizaine de nouveaux contrats, sur différentes plateformes avions, que ce soit pour la famille A320neo équipé de moteur LEAP-1A, pour des avions régionaux ou encore long-courriers comme l’A330neo avec par exemple Corsair, et également sur l’A330ceo. Nous sommes dans une bonne dynamique qui devrait se poursuivre en 2022.
Vous allez aussi bientôt ouvrir un nouveau centre de réparation en Chine ?
Oui, la prochaine ouverture de l’atelier de réparation à Suzhou au deuxième trimestre sera un événement majeur. Cela permet d’étendre encore notre réseau d’ateliers de réparation qui est aujourd’hui déjà assez bien structuré et important. Nous couvrons la région Europe avec notre Centre d’Excellence MRO à Pont-Audemer, en France. Nous avons également un centre de réparation aux États-Unis, Safran Nacelles Services Americas à Indianapolis, pour couvrir les Amériques, et nous avons ici à Dubaï notre atelier AMES, une coentreprise fondée avec Air France Industries KLM E&M qui nous permet de couvrir toute la région du Moyen-Orient et de l’Inde. Il était donc très important de nous doter de moyens de réparations dans cette nouvelle région pour accompagner la croissance que nous attendons sur nos programmes en Asie et en Chine.
Quel est votre ressenti sur le niveau d’activité actuel au Moyen-Orient ?
Nous constatons qu’il y a beaucoup de monde sur ce salon MRO Middle East, et cela montre bien la dynamique de reprise que l’on ressent un peu partout. La région du Moyen-Orient et de l’Inde est stratégique pour Safran Nacelles car nous y avons une flotte de plus de 500 avions équipés de nos produits à soutenir. C’est aussi la région de l’A380, avec des clients très importants. Nous sommes d’ailleurs présents sur les nacelles des deux motorisations, et ces appareils recommencent à voler. Sur la région, nous avons par ailleurs une flotte en pleine croissance avec l’A320neo, une flotte qui va continuer à croitre durant les cinq à dix années qui viennent. Ce sont ainsi des centaines de nouveaux appareils de ce type qui viendront à terme au Moyen-Orient et en Inde. L’A320neo représentera alors 80% de notre flotte à soutenir dans la zone. AMES est donc un levier essentiel pour accompagner les besoins en réparation pour cette famille d’appareils.
AMES vient d’ajouter une nouvelle capacité sur le Trent 700 ?
Il s’agit de réparer la structure interne ou « InnerFixed Structure » de l’inverseur de poussée de l’A330ceo équipé de moteurs Trent 700. La région exploite encore beaucoup d’appareils de ce type, des avions qui vont encore rester en service durant un certain nombre d’années, donc c’est une activité substantielle pour soutenir les clients. Nous avons toutes les capacités de réparation au sein de notre centre AMES.
L’atelier Aerostructures Middle East Services (AMES), implanté à Jebel Ali (Dubaï), vient d’ajouter la capacité de réparation IFS (Inner Fixed Structure) de l’inverseur de poussée des A330-200/-300 équipés du Trent 700 de Rolls-Royce. AMES intervenait déjà sur l’ensemble de la nacelle de cette motorisation. Photo © AMES
On sent que les enjeux de remise en service plus rapide de la flotte sont importants ?
Nous avons été assez proactifs sur le sujet dès l’année dernière, malgré les incertitudes, pour savoir comment le trafic aérien allait vraiment repartir avec les problématiques liées à la pandémie. Nous accompagnons nos clients pour les aider à accélérer la remise en service. Nous leur faisons des propositions pour pouvoir faire des inspections anticipées sur des matériels qui ont été stockés, pour certains durant une année, voire deux, pour pouvoir identifier s’il convient de mettre en place certaines réparations par anticipation. Dans la région du Moyen-Orient, le stockage peut en effet endommager les matériels. La tendance est vraiment à l’accélération et nous sentons une demande de plus en plus forte, sur cette région en particulier, mais pas que celle-ci. Les compagnies aériennes se préparent pour les prochains mois et espèrent avoir leurs avions prêts à repartir.










