Le Journal de l’Aviation a remarqué la présence de Manitou durant le salon MRO Middle East qui s’est déroulé au début de la semaine à Dubaï (Emirats Arabes Unis). C’est un acteur que l’on ne rencontre pas souvent sur ce type d’événement et pourtant, cette entreprise française spécialisée dans les matériels de manutention professionnels possède déjà un réel savoir-faire dans les engins dédiés à la maintenance aéronautique, ce que nous a expliqué Martin Monié, en charge de la commercialisation de Manitou pour l’aéronautique et le secteur pétrolier et gazier. Entretien…
Comment Manitou s’est-il intéressé au secteur aéronautique ?
C’est une activité qui a démarré il y a une dizaine d’années, à la demande de l’armée de l’air pour pouvoir intervenir sur les avions AWACS pour ne pas les nommer. Il a alors fallu adapter nos nacelles standards pour les besoins spécifiques de l’armée et pour limiter les risques de collision. Nous avons ainsi à la fois équipé nos machines de boudins de protection, notamment au niveau du panier, mais aussi et surtout de capteurs à ultrasons pour la détection d’obstacles et ainsi aider l’opérateur à conduire et à approcher son panier au plus près de l’avion en limitant ainsi les risques d’impacts.
La compagnie Air France est arrivée par la suite avec son propre cahier des charges, qui concernait davantage nos chariots télescopiques qui ont la particularité d’avoir des capacités d’emport beaucoup plus importantes que sur les nacelles. L’idée était de les adapter à la maintenance aéronautique pour pouvoir venir retirer certains composants de l’avion pour les remplacer. En 2010, Air France est ainsi devenue notre toute première compagnie cliente. Ce sont eux qui nous ont permis de mettre le pied dans l’aéronautique civile.
Une autre compagnie importante pour nous a été la compagnie australienne Qantas et notamment pour ses A380. Nos chariots télescopiques ont la particularité de pouvoir atteindre une hauteur de 27 mètres, permettant d’intervenir sur toutes les parties des avions les plus contraignants en termes de hauteur de travail.
Quels sont aujourd’hui vos principaux clients ?
Figurent aujourd’hui parmi nos clients les principales branches MRO des compagnies aériennes, comme AFI KLM E&M, Lufthansa Technik, SIA Engineering, Qantas, les compagnies du groupe TUI comme Condor et Thomas Cook… Nous avons aussi des OEM comme Airbus, Rolls-Royce, et des joint-ventures entre Rolls-Royce et N3 en Allemagne, ou encore MTU Aero Engines. Nous espérons aussi bientôt percer sur le continent américain.
Quels étaient les besoins spécifiques d’Airbus ?
Il s’agissait pour eux de venir intervenir sur les moteurs sous ailes pour faire des opérations de vérification. De nombreux acteurs comme Lufthansa Technik ou Rolls-Royce se sont beaucoup intéressés ensuite à notre nacelle 90 V’Air qui lève à 9 mètres et qui a été développée conjointement avec Airbus pour des opérations sur les moteurs. Ce produit répond aux besoins des motoristes et des maintenanciers spécialisés dans les moteurs car le panier peut s’ouvrir et offrir différentes positions de travail en épousant la forme tubulaire des réacteurs, ce qui permet d’atteindre des points spécifiques particulièrement compliqués d’accès avec des équipements traditionnels comme des escabeaux ou autres.
Aujourd’hui, dans certaines branches MRO de compagnies aériennes, la réglementation impose que les escabeaux ne soient plus utilisés à partir d’une certaine hauteur, ce qui les oblige à venir sur des nacelles et un produit tel que la 90 V’Air qui est unique sur le marché.
Que représente aujourd’hui l’aéronautique pour Manitou ?
C’est environ un millième de notre chiffre d’affaires (1,9 milliard d’euros en 2018) mais nous sommes en croissance de 40% par rapport à l’année dernière et notre portefeuille de projets nous laisse espérer pouvoir atteindre les 5 millions d’euros courant 2019. Nous avons des machines qui ont fait leurs preuves et qui attirent beaucoup. La 90 V’Air nous est par exemple demandée partout dans le monde.










