Un vol inaugural c’est toujours un grand moment d’émotion. Le premier A350F n’a pas dérogé à la règle avec un vol réussi de plus de 4h depuis les installations de l’avionneur européen à Toulouse, même si les conditions au décollage n’étaient pas des plus optimales, avec un bon vent d’autant et quelques goutes de pluies. Les turbulences étaient aussi de mises un peu plus haut, mais tout s’est déroulé impeccablement.
À bord du MSN700 pour ce vol inaugural figuraient cinq membres de l’équipe des essais en vol d’Airbus : les pilotes d’essais Bernardo Saez-Benito, commandant de bord, et Sylvain Guiraud, Laurent Bussière, directeur des essais en vol, épaulés par les ingénieurs d’essais en vol Ludovic Girard et Jaime Angoloti.
Lars Wagner, le directeur général d’Airbus Commercial Aircraft, s’est lui aussi déclaré extrêmement heureux et très fier d’assister à ce premier vol aujourd’hui. « L’A350F apporte aux opérateurs toutes les technologies, tous les avantages, la flexibilité, les performances et les capacités dont ils ont besoin. C’est un véritable game-changer pour l’industrie et un game-changer pour le marché du fret aérien » a-t-il declaré.
Mais l’A350F est aussi, et surtout, un véritable changement de donne pour Airbus sur le segment du fret aérien.
Bien sûr, l’avionneur européen a déjà été présent sur le segment des appareils tout cargo neufs, que se soit avec l’A300-600F ou plus tard avec l’A330-200F, ou encore avec les nombreux appareils de transport de passagers convertis par EFW (P2F), puis d’autres…
Mais cette fois, Airbus s’attaque véritablement au cœur du marché du fret aérien intercontinental, un marché largement dominé par Boeing depuis des décennies (et par GE Aerospace aussi), que ce soit avec les différentes générations du 747 en version cargo ou plus tard avec le 777F. Et cette fois, les arguments sont particulièrement solides. Grâce notamment à sa très forte proportion de matériaux composites ou avancés (70% en masse), mais aussi à sa motorisation (Trent XWB-97 de Rolls-Royce), l’A350F promet logiquement un gain en consommation de carburant qui pourra atteindre 40% par rapport aux appareils déjà présents sur ce marché (comparativement aux Jumbo Jet).
Mieux, l’A350F sera le premier appareil cargo neuf à respecter les nouveaux critères d’émissions de l’OACI qui seront effectifs à partir du 1er janvier 2028.
Fait particulièrement marquant aussi, mais logique, les 14 clients identifiés du Freighter de nouvelle génération d’Airbus (un client n’a pas encore été dévoilé) sont déjà repartis sur les grandes régions mondiales du fret aérien (Asie, Europe, États-Unis et Moyen-Orient), un signe qui ne trompe pas.
Selon les dernières prévisions d’Airbus, la demande d’avions tout cargo pour les 20 prochaines atteindra plus de 2600 appareils, dont 935 avions neufs (des gros-porteurs donc) et 630 appareils pouvant transporter plus de 80 tonnes de chargement (avec une part de conversion P2F de l’ordre de 20%).
Le numéro un mondial des avions commerciaux entre enfin sur le marché du fret par la grande porte…






