Les comptes sont bons. EADS a publié son bilan annuel le 10 mars. Si le programme A400M a monopolisé les esprits et pesé sur les résultats, le groupe aéronautique européen s’en sort plutôt bien : les comptes sont positifs et toutes les divisions ont participé à l’accroissement des revenus.
Le chiffre d’affaires du groupe a augmenté de 11% pour atteindre 43,3 milliards d’euros. EADS a profité d’une forte croissance qui a surpassé les dépréciations entraînées par une parité euro-dollar toujours défavorable au groupe. Celles-ci se sont toutefois réduites et les comptes d’EADS ont également pu profiter de la baisse de la livre sterling.
Le résultat opérationnel a explosé, passant de 52 millions d’euros en 2007 à 2,8 milliards d’euros. 2007 avait fortement subi les effets de la mise en place du plan d’économies Power 8 et des difficultés d’Airbus sur les programmes A380 et A400M. EADS renoue également avec le profit : le bénéfice net atteint 1,57 milliard d’euros quand le groupe enregistrait 446 millions de pertes en 2007.
Le carnet de commandes global atteint également 400 milliards d’euros de valeur, une augmentation de 98,6 milliards d’euros. Les prises de commande ont toutefois diminué de 11% par rapport à celles de 2007. Airbus en représente 86%.
2008 a donc marqué le retour d’EADS à la stabilité. Le groupe estime qu’il est en bonne position pour faire face à la crise, son niveau de liquidités étant satisfaisant. Son maintien va d’ailleurs être une priorité. Cependant, malgré les améliorations que devrait apporter le plan de restructuration Vision 2020, EADS sait qu’il ne sera pas épargné par la crise économique mondiale, même si son impact devrait se faire sentir plus tard que dans d’autres industries.
La visibilité est floue à partir du second semestre de 2009, rendant difficiles l’établissement de prévisions. C’est pourquoi Airbus a décidé de réduire ses cadences de production sur la famille A320 et de geler l’augmentation de celles de la famille A330/A340. Le carnet de commandes est ainsi en surbooking à partir du mois d’octobre, ce qui permettra à l’avionneur de mieux supporter les reports et annulations qui ne manqueront pas de se produire. EADS compte sur les programmes militaires, notamment de l’A330MRTT, et spatiaux, traditionnellement stables, pour compenser les turbulences dans les prochaines années.









