Entre la joie, la fierté et l’honneur, les responsables de l’aéroport de Francfort ne savait à quel heureux sentiment s’abandonner. L’A380 s’est en effet posé sur le tarmac de l’aéroport allemand au matin du 29 octobre, se gaussant de l’épais brouillard qui recouvrait la ville de Hesse. Il s’est à nouveau envolé le lendemain pour rentrer dans la base toulousaine d’Airbus après avoir subi une nouvelle épreuve : les tests d’aptitude aux opérations aéroportuaires de routine.
Durant plusieurs heures, il a été soumis aux conditions réelles d’exploitation commerciale. Embarquement et débarquement des 555 passagers (en configuration triclasse) et des bagages, catering, notamment l’approvisionnement du pont supérieur grâce à un chariot élévateur spécial, avitaillement, évacuation des déchets, dégivrage, tout s’est déroulé dans de parfaites conditions. Le seul petit nuage a concerné la mise en place des passerelles d’embarquement : les passagers ne sont pas totalement protégés de la pluie…
C’était la première fois que le « Super Jumbo » posait ses 22 roues sur un aéroport civil international. Francfort, le plus important aéroport d’Europe continentale, a été choisi en raison de sa préparation plus avancée que celle de ses concurrents à l’accueil du plus gros appareil de transport de passagers du monde. Après son atterrissage, MSN004 s’est dirigé vers la porte E9 du Terminal 2 qui lui est spécialement réservée. Le deuxième A380 à avoir volé a remplacé au pied levé son frère plus expérimenté MSN001 en raison d’une surchauffe détectée dans l’un de réacteur de ce dernier.
L’aéroport de Francfort est le hub principal de Lufthansa. Fraport, la société qui en est propriétaire et exploitante, doit donc apprêter sa base à la réception des appareils de la compagnie allemande. Celle-ci en attend quinze et le premier se posera en Allemagne en 2007.








