Pour le portrait-métier du mois de juin, le Journal de l’Aviation est allé à la rencontre d’une contrôleuse aérienne, qui opère depuis la BA 942 de Lyon Mont-Verdun.
Capable d’identifier n’importe quel aéronef qui survole sa zone de responsabilité, le lieutenant V. passe ses journées sous terre, à plus de 120 mètres de profondeur au sein de la BA 942 de Lyon Mont-Verdun. A l’origine de son engagement, la vocation, et surtout « l’envie d’être proche des avions ». Ayant débuté sa formation comme élève-pilote, elle s’est finalement tournée vers le contrôle aérien. « Au bout d’un moment, ça ne passait plus », explique-t-elle pudiquement.
Un changement de voie qui lui a tout de même permis de rester fidèle à ce qu’elle était venue chercher dans l’armée de l’air : la proximité des avions. « Quelque part, on est quand même proche des avions, car ce sont nos interlocuteurs directs, on leur donne des ordres, que ce soit pour une mission d’interception ou alors sur du contrôle en route. Le pilote devient les yeux du contrôleur aérien puisqu’il va être capable de nous dire ce qu’il voit, mais nous par contre on est capable d’assurer sa sécurité. »
Sa zone de responsabilité s’étend de Dijon jusqu’à la Corse et couvre donc toute la partie sud-est du territoire national. Les missions du centre de contrôle et de détection (CDC) consistent à surveiller en permanence l’espace aérien. Le CDC est chargé de détecter, identifier et classifier la totalité des aéronefs qui survolent sa zone. « Notre rôle, c’est de connaître tout ce qui se passe dans les airs, le type d’avion, sa provenance, sa destination, sa route », explique le lieutenant V. Aucun aéronef n’échappe à leur œil, ou plutôt aux équipements de détection et d’identification mis en œuvre par le CDC.
La mission de police du ciel, la « posture permanente de sûreté aérienne », est menée tambour battant. Des chasseurs sont toujours d’alerte sur les bases aériennes pour être prêts à intervenir le cas échéant. « Les bases aériennes sont réparties sur le territoire, ce qui nous permet d’avoir un délai de réaction et d’arrivée sur zone très court en cas d’interception, détaille la contrôleuse ». Mais, « ce qui arrive le plus souvent c’est la perte de contact radio ». Les actes malveillants, les détournements d’avions, tels que celui du 767-300 d’Ethiopian Airlines en février dernier, sont heureusement beaucoup plus rares.
Les journées d’un contrôleur aérien sont longues et s’étendent sur 25 heures. Briefing général le matin, la météo et les détails techniques sont évoqués, ainsi que les missions à contrôler. Le soir, une dizaine de personnes « gardent » la station afin d’assurer une surveillance permanente de l’espace aérien. Sans oublier l’instruction, la partie que préfère le lieutenant V. « J’ai une quinzaine d’années d’instruction derrière moi, j’aime faire partager le savoir aux plus jeunes, c’est très important et ça permet aussi d’avancer soi-même. »








