Pour le portrait-métier de la rentrée, le Journal de l’Aviation a rencontré un marin, pilote d’Alouette III, basé au pôle aéronautique étatique du Lamentin à Fort-de-France, en Martinique.
Le lieutenant de vaisseau D. est pilote d’Alouette III et occupe également les fonctions de chef de détachement de l’escadrille 22S qui se trouve actuellement à Fort-de-France. Le détachement est rattaché à la frégate de surveillance Germinal de la Marine nationale et un hélicoptère est systématiquement embarqué à bord dès que le bâtiment part en mer pour effectuer ses missions.
« On fait partie intégrante de l’équipage, l’hélicoptère est l’un des systèmes d’armes du bateau », précise le pilote. Le détachement de la 22S accompagne la FS dans les missions de surveillance maritime, de lutte contre la piraterie, de lutte contre le narcotrafic, de recherche et de sauvetage, d’assistance aux navires… « C’est très intéressant, car cela nous permet de voir un très grand spectre des missions qu’on peut faire l’armée ». Dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic, la FS Germinal a par exemple saisi en juin dernier plus de 110 kilos de cocaïne à bord d’un go fast.
Lorsqu’il n’est pas en mer avec le Germinal, le LV D. partage son temps entre les entraînements et la gestion du détachement. « En tant que chef de détachement, je gère une équipe de huit personnes, quatre techniciens et quatre personnels volants. On fait pas mal de vols d’entraînement quand la frégate est à quai, pour pouvoir être aptes dès qu’elle repart. » Des missions ponctuelles peuvent également venir s’intercaler, des vols opérationnels depuis la terre, de surveillance ou de liaison.
Le pilote d’Alouette III, qui affiche « un peu moins de 2 000 heures de vol » sur Alouette III, Panther, Dauphin et Gazelle, est officier pilote sous contrat. Il avoue avoir « toujours aimé voler ». Après un DEUG de mathématiques, il passe le concours externe et les tests d’aptitudes rejoindre les marins du ciel. Il a signé un premier contrat de huit ans, qui est renouvelable une fois. L’autre voie possible pour être pilote consiste à passer par l’Ecole Navale après une licence, pour suivre la voie d’officier de carrière, qui comporte une première partie de carrière opérationnelle dans les airs, avant de se diriger vers des fonctions de commandement.
Interrogé sur sa profession, le pilote parle d’un « métier-passion », ce qui n’est « pas donné à tout le monde ». « Le fait d’avoir tout le temps une part d’inconnue, sans forcément savoir ce qu’on fera dans une semaine deux semaines, car c’est l’opérationnel qui compte », c’est ce qui plaît au lieutenant de vaisseau. Il parle aussi de la satisfaction « technique » du métier de pilote, et notamment l’appontage : « C’est quelque chose de particulier, qui n’est pas évident, car il faut être très concentré pour pouvoir se poser au bon moment et au bon endroit. C’est toujours gratifiant de savoir le faire », explique-t-il, avec un éclat particulier dans les yeux lorsqu’il évoque les appontages de nuit.








