Brimstone 2, Storm Shadow, Captor-E, trois capacités-clés pour l’Eurofighter du futur. Le salon aéronautique de Farnborough a permis à Airbus Defence & Space de mettre en avant son chasseur et ses futurs équipements.
Le 17 juillet dernier, le ministre britannique des équipements de Défense Philip Dunne a signé un contrat avec la NETMA (Nato Eurofighter & Tornado Management Agency) pour équiper les Eurofighter du missile de croisière Storm Shadow (plus connu sous le nom de SCALP en France) de MBDA.
L’accord « officialise » en quelque sorte les essais d’intégration qui sont déjà en cours sur des Typhoon de la Royal Air Force et de l’Aeronautica Militare. Des campagnes d’essais se sont tenues en 2013, menées par Alenia Aermacchi en Sardaigne et vont se poursuivre pour finaliser l’intégration de ce nouvel armement à la plateforme. La livraison des premiers missiles est attendue pour 2016.
Le Storm Shadow a déjà été intégré et a « prouvé son efficacité » sur les Tornado GR4 de la RAF lors des opérations en Libye et en Irak, par ses capacités de frappe en profondeur. Il pourrait également entrer en lice pour équiper les futurs F-35 britanniques.
Second armement qui sera intégré au chasseur européen, le missile air-sol Brimstone 2, également conçu par MBDA. Le missilier européen a également profité du salon de Farnborough pour annoncer que la production en série du Brimstone 2 avait débuté et que l’assemblage du premier missile de série était en cours. Un contrat d’étude d’intégration du missile à l’Eurofighter avait été notifié à BAE Systems en juin dernier, pour une intégration prévue à l’horizon 2020.
Doté d’un autodirecteur radar et laser semi-actif, le Brimstone 2 présente l’avantage, selon MBDA, de réduire de manière très conséquente les dommages collatéraux. C’est également le missile qui devrait être intégré sur les Tornado de la Royal Air Force à partir de 2015, selon les dernières précisions disponibles. Son architecture lui permettrait d’être intégré à « tout type de plateforme », incluant les chasseurs, les plateformes maritimes mais également les drones.
Enfin, dernière capacité, et non des moindres, l’intégration d’un radar à antenne active et à balayage électronique (AESA). Le Captor-E, fruit d’une coopération entre Airbus DS, Indra et Selex ES, a été monté sur l’avion banc d’essai IPA 5, qui a fait le déplacement jusqu’à Farnborough. Les essais en vol ont commencé cette semaine sur le site de Warton de BAE Systems, une version opérationnelle pourrait être disponible d’ici les deux à trois prochaines années. Le radar sera intégré à tous les avions de la Tranche 3, mais des rétrofits pourraient être possibles.
Financé pour l’instant sur fonds propres, le Captor-E pourrait faire l’objet d’un contrat de développement d’ici la fin de l’année 2014. C’est en tout cas ce qu’espère le consortium européen, qui compte sur ce nouveau radar pour améliorer les capacités de détection de son avion.
Toutes ces annonces concernant les futures capacités de détection et d’attaque de l’Eurofighter interviennent quelques mois après le constat plutôt pessimiste de Tom Enders, le PDG d’Airbus Group, à propos des perspectives d’avenir du chasseur. Il avait déclaré fin février lors des résultats annuels qu’il n’était « pas terriblement optimiste » concernant l’Eurofighter.
Si de nouveaux contrats à l’export ne sont pas conclus et malgré une activité « solide » selon le directeur de la stratégie Marwan Lahoud, l’horizon de l’Eurofighter pourrait se fermer vers 2018.








