Le gouvernement allemand a rendu public le 11 juin son rapport annuel sur les exportations d’armement pour 2013. C’est la première fois que ce document est publié avant l’été, dans un souci de « transparence de la politique d’exportation d’armement du gouvernement ». Le rapport était auparavant dévoilé à l’automne.
Le montant total des exportations de matériels destinés aux forces armées étrangères – accords et livraisons – se monte à 5,85 milliards d’euros pour l’année 2013, en augmentation par rapport à 2012 (4,70 milliards). La majeure partie des transferts – soit 62% – s’est faite vers des pays dits « tiers » comme l’Algérie, le Qatar, l’Arabie Saoudite, l’Indonésie, le reste, 38% a été destiné aux pays membres de l’Union européenne, de l’OTAN et de ses partenaires.
Les livraisons effectives atteignent elles 933 millions d’euros, contre 946 millions en 2012. La Corée du Sud est la première bénéficiaire de ces livraisons, avec un total de 274,7 millions d’euros, suivie de 102,3 millions pour les Emirats Arabes Unis, 59,1 millions pour l’Algérie et 52,5 millions pour Singapour.
Pour l’année 2013, c’est l’Algérie qui se hisse en première place des autorisations d’exportations délivrées par l’Allemagne, pour un total de 825,73 millions d’euros, devant le Qatar (673,38 millions), les Etats-Unis (610,69 millions), l’Arabie Saoudite (361,02 millions), ou encore l’Indonésie (295,71 millions).
La France se trouve quant à elle en 10ème position, totalisant 146,59 millions d’euros. Les commandes portent surtout sur des munitions, des mortiers, des véhicules à chenilles, des poids lourds, ou encore des équipements de communication, de navigation, de traitement de données, ainsi que des sièges éjectables, des pièces détachées pour avions et hélicoptères de combat, de transport.
La publication de ce rapport a suscité de nombreuses réactions dans la presse allemande, qui s’inquiète notamment de la forte augmentation des exportations vers des pays ne faisant pas partie des partenaires « habituels » de l’Allemagne, c’est-à-dire ne faisant partie ni de l’UE ni de l’OTAN, des pays dans lesquels les droits de l’Homme. Le ministre de l’Economie, Sigmar Gabriel exclut lui toute exportation « douteuse ». Il parle également de contrôler plus rigoureusement les ventes d’armes légères et de véhicules blindés.








