DGA Essais de missiles, site de Biscarrosse. « 30 secondes du tir », « engagement », « tir autorisé », compte à rebours, impact, « laser coupé, le Tigre se dirige vers sa cible ». Un Tigre HAD (version appui-destruction) de la DGA vient d’effectuer un tir de confirmation d’une RPM, une Roquette à Précision Métrique.
Ce tir intervient quelques mois après le tout premier essai de tir, effectué en janvier dernier, toujours sur le site DGA EM. La roquette de 68mm utilisée a été développée par TDA, filiale de Thales. Elle pèse 8,5 kg et possède surtout un guidage laser, lui offrant ainsi des capacités de frappe améliorées. La passe de tir a été effectuée à quelques 3 000 mètres de distance par rapport à la cible qui se trouvait dans l’océan Atlantique. Le Tigre HAD se trouvait lui à 300 pieds, évoluant à une vitesse de 70 nœuds. La désignation de la cible a , quant à elle, été effectuée par un illuminateur DHY 307 au sol.
La RPM est le fruit d’un travail de développement débuté « il y a une dizaine d’années » par TDA, en partie sur fonds propres. Un premier PEA (Programme d’Etudes en Amont) a été attribué à l’industriel en 2009, qui a ensuite poursuivi le travail de développement avec la DGA, qui a mis en œuvre différentes unités : DGA Techniques terrestres, DGA Essais en Vol, DGA Essais de Missiles, DGA Ingénierie des Projets, l’unité de management terrestre ainsi que l’unité de management hélicoptère. Un nouveau PEA a été accordé par la suite, pour mener de nouvelles campagnes d’essais, au sol tout d’abord, puis en vol. La validation du dispositif de pilotage a eu lieu en avril 2013, suivi en janvier 2014 du tir de synthèse.
En parallèle, TDA a travaillé sur la charge militaire à effets collatéraux réduits. « Les théâtres opérationnels ont évolué, l’idée c’est de pouvoir proposer des frappes les plus précises possibles, causant le moins de dégâts », explique-t-on chez l’industriel. A cet effet, un kit de télémesures et d’instrumentation avait été monté à la place de la charge militaire lors des essais de tir, afin d’enregistrer toutes les données du vol pour une analyse a posteriori.
Le programme est toujours en phase de développement, des négociations étant actuellement en cours pour passer à l’étape suivante, la qualification et la production en série. L’étape suivante consistera à dépouiller les données, éditer un rapport, pour « voir et savoir » comment se comporte la roquette, précise-t-on à la DGA. Par la suite, il s’agira de valider les performances sur cible mobile et celles de la charge militaire, avant de l’intégrer au système d’armes du Tigre.
L’intégration d’une roquette à précision métrique au Tigre HAD permettrait notamment de réaliser quelques économies. Elle offre – selon la DGA et TDA – de bonnes performances dans le tir de précision tout en minimisant les dommages collatéraux, mais reste bien moins chère qu’un missile air-sol Hellfire, comme le précise l’industriel, tout en restant muet sur le prix d’une telle munition.
Le Tigre HAD, développé et produit par Airbus Helicopters (ex-Eurocopter) et dérivé du Tigre HAP (appui-destruction). Certifié et qualifié début 2013, il a été livré à l’ALAT (au Groupement aéromobilité de la section technique de l’armée de terre et à l’Ecole franco-allemande) dans la foulée. Le 1er RHC de Phalsbourg sera la première unité à en être équipée.








