A l’issue d’un conseil de Défense restreint qui s’est tenu le 3 septembre, le Président de la république François Hollande a déclaré que « les conditions pour que la France autorise la livraison du premier bâtiment de projection et de commandement (BPC) ne sont pour l’instant pas réunies ». Il suspendant de facto la livraison du BPC Vladivostok à la Russie, actuellement en construction sur les chantiers navals STX de Saint-Nazaire et qui devait être livré cet automne.
A la veille de l’ouverture du sommet de l’OTAN au Pays de Galles, cette déclaration tend à faire retomber la pression diplomatique exercée sur la France, notamment par les États-Unis, le Royaume-Uni ou encore certains pays d’Europe de l’Est. Cible de critiques, la France est actuellement dans une position délicate, tant du point de vue géopolitique que financier. En effet, une livraison serait susceptible de mettre le pays à l’écart de ses partenaires internationaux, mais une annulation aurait de lourdes conséquences financières en termes de pénalités, le contrat étant estimé à 1,2 milliard d’euros. Il n’est pas exclu qu’elle pourrait également potentiellement mettre à mal de futurs contrats export.
Ce n’est pour l’instant pas une annulation pure et simple, car si la livraison est suspendue, la présidence de la république se réserve tout de même le droit de poursuivre le processus de vente des BPC à la Russie, lorsque les conditions seront « réunies », à commencer par un cessez-le-feu, qui doit encore être « confirmé ».
L’accord sur la vente de deux BPC avait été signé en juin 2011, pour un montant de 1,2 milliard d’euros. DCNS est maître d’œuvre de la réalisation des deux bâtiments, STX France sous-traitant pour la construction. Le Vladivostok et le Sébastopol se trouvent actuellement tous les deux à Saint-Nazaire, le premier accueille à son bord des marins russes venus se former, le second est en phase d’assemblage. Les deux BPC de classe Mistral devraient embarquer jusqu’à 16 hélicoptères, des Ka-52K et des Ka-29.








