Le programme d’avion d’alerte avancée et de contrôle (AEW&C) E‑7A Wedgetail de Boeing est peut-être sur le point de subir un revers majeur en Europe. Après plusieurs signaux apparus ces derniers mois qui convergeaient dans ce sens, l’OTAN serait en effet sur le point d’officialiser un contrat avec Saab pour acquérir des GlobalEye afin de remplacer ses 14 Boeing E-3A Sentry AWACS (Airborne Warning and Control System) à partir de 2035.
La décision pourrait être officialisée durant le sommet de l’OTAN qui se tiendra les 7 et 8 juillet à Ankara (Turquie), alors que l’administration Trump ne cesse de multiplier les signaux de prise de distance vis-à-vis de l’Alliance atlantique depuis des mois. Elle marquerait de fait une réelle rupture stratégique en introduisant pour la première fois depuis près de 40 ans une solution non-Boeing au cœur du dispositif AWACS de l’Alliance.
Fin avril, l’avionneur suédois avait formellement démenti avoir signé un accord avec la NATO Support and Procurement Agency (NSPA) concernant l’acquisition des GlobalEye.
Saab avait officiellement proposé le GlobalEye à l’OTAN dès février 2023, en réponse à une demande d’informations (RFI). À l’époque, son PDG, Micael Johansson, évoquait une possible entrée en service à l’horizon 2031, voire plus tôt selon le calendrier d’acquisition. En novembre 2023, l’OTAN avait également annoncé son intention de commander six Boeing E‑7A Wedgetail pour remplacer une partie de ses E‑3A Sentry, avec des livraisons envisagées à partir de 2031.
La France, seul autre opérateur des avions AWACS en Europe (la Royal Air Force a remplacé ses appareils par des Wedgetail depuis cinq ans), a également décidé de remplacer les quatre Boeing E-3F AWACS de l’armée de l’Air et de l’Espace (AAE) par des GlobalEye, avec deux premiers avions contractualisés livrables en 2029 et 2032, un contrat qui prévoit également une option d’achat pour deux appareils supplémentaires.
Pour rappel, le GlobalEye est basé sur la plateforme d’avion d’affaires Global 6000/6500 de Bombardier. L’appareil est équipé du radar AESA Erieye Extended Range, avec un pouvoir de détection supérieur à 550 kilomètres, ainsi que d’une suite de capteurs avancés et d’un système de commande et de contrôle intégré.
Aux Etats-Unis, le programme d’acquisition des E‑7A pour remplacer ses propres E3 est freiné depuis plus d’un an par le Pentagone et l’US Air Force pour des raisons de retards, de surcoûts et au motif qu’une telle plateforme ne pourrait pas survivre dans un espace aérien contesté.









