La situation d’airBaltic l’oblige à réviser sa stratégie. Alors que son plan de 2023 misait tout sur la croissance et prévoyait de porter la flotte à une centaine d’appareils, celui qu’elle vient de présenter a des objectifs très différents. Elle va en effet réduire sa flotte et optimiser son réseau, tout en développant son activité ACMI.
Endettée, vulnérable à la saisonnalité de ses opérations, confrontée à la détérioration de son environnement opérationnel (restrictions de survols liées à la guerre en Ukraine, conséquences du conflit au Moyen-Orient) et au manque de disponibilité du GTF, la compagnie balte ne pouvait pas poursuivre en l’état. Elle va donc transformer son modèle, afin d’optimiser ses opérations et de restaurer la viabilité à long terme de sa structure.
Sur le plan opérationnel, la décision majeure est celle de réduire la flotte opérée pour la compagnie. Elle comptait 54 Airbus A220-300 au mois de juillet, elle devrait tomber à 36 d’ici la fin de l’année. Elle retrouvera une légère croissance à partir de 2028, avec l’objectif raisonné d’atteindre 40 appareils en 2030.
Le réseau va être retravaillé dans l’optique de maximiser la rentabilité des liaisons et non plus pour l’expansion. airBaltic prévoit ainsi de recentrer ses opérations sur sa base historique de Riga et de donner la priorité aux fréquences plutôt qu’à la multiplication des destinations. Elle conservera des bases secondaires pour abriter des liaisons point-à-point pertinentes et pour réaliser des vols stratégiques qui contribueront à l’optimisation de l’utilisation des appareils. Pour travailler sur sa saisonnalité, elle compte également développer ses partenariats avec ses clients ACMI, avec l’objectif de garantir une exploitation rentable à l’année des appareils dédiés à cette activité et de réduire la charge de ses coûts fixes en hiver. Elle estime que ces mesures devraient lui permettre de réduire ses coûts opérationnels de 45 millions d’euros par an.
Malgré cela, elle estime que l’impact sur son offre devrait être limité grâce à une meilleure utilisation des A220-300 : elle sera ainsi réduite de 9,6 milliards à 8,7 milliards de sièges kilomètres offerts (ASK) entre 2026 et 2027. Elle devrait par la suite progresser de nouveau, avec l’objectif d’atteindre 10,5 milliards d’ASK en 2031.
Au niveau financier, airBaltic doit rapidement restaurer sa trésorerie pour poursuivre ses opérations sans heurt durant sa transformation. Elle prévoit de sécuriser un financement à court terme d’environ 225 millions d’euros sous forme de prêt, garanti par un panier d’actifs d’une valeur qu’elle estime à 506 millions d’euros (avions, moteurs, marque pièces détachées, simulateurs…). Par la suite, elle envisage une injection de capital de 100 millions d’euros et le remboursement des 225 millions d’euros de prêt par une dette permanente du même montant, ainsi que la conversion de la dette existante en actions.
Dans ce schéma, où airBaltic vise la rentabilité plutôt que la croissance, le chiffre d’affaires devrait rester stable, entre 2027 et 2031, entre 800 millions d’euros et un milliard d’euros, avec une amélioration progressive de l’EBITDAR pour atteindre une marge de 25 % à 29 % en 2031.



