Les groupes Air France-KLM et Lufthansa ont tous deux soumis une offre engageante pour participer à la privatisation de TAP Air Portugal, le 29 juillet. La société publique Parpublica a désormais trente jours pour étudier les deux propositions et formuler un avis.
Le projet d’Air France-KLM repose sur l’objectif d’acquérir une participation de 44,9 % à 49,9 % dans le groupe portugais. S’il est accepté, TAP intégrerait le réseau commercial mondial du groupe, tout en conservant son équipe dirigeante, sa marque, son réseau, son siège au Portugal et son hub de Lisbonne. Celui-ci deviendrait d’ailleurs le hub unique du groupe en Europe du Sud.
S’engageant à maximiser les synergies commerciales et opérationnelles entre toutes ses compagnies, Air France-KLM voit en la reprise de TAP Air Portugal une opportunité de renforcer la connectivité avec des marchés clefs en Afrique et dans les Amériques, notamment le Brésil, où TAP a un réseau extensif qui pourrait être encore optimisé en le combinant au partenariat qu’a Air France-KLM avec GOL. Delta Air Lines engagerait par ailleurs également des discussions commerciales stratégiques avec TAP si le rapprochement devait se concrétiser.
Le groupe souhaite également développer de nouvelles activités de maintenance au Portugal, en ouvrant de nouveaux sites dans des zones stratégiques, spécialisés dans la maintenance des avions et des moteurs de nouvelle génération. La division MRO de TAP pourrait également profiter des innovations d’AFI KLM E&M, notamment dans les outils numériques et l’intelligence artificielle.
« Ce que nous soumettons aujourd’hui ne se résume pas à une offre financière pour une compagnie aérienne. C’est un projet stratégique ambitieux, de long terme pour TAP et pour le Portugal dans son ensemble. C’est aussi une vision de l’avenir de cette compagnie nationale emblématique, qui s’appuie sur l’héritage exceptionnel construit par les équipes de TAP depuis 81 ans », commente Benjamin Smith, directeur général du groupe Air France-KLM. « Notre ambition est d’accompagner la croissance de TAP sur le long terme, non seulement à Lisbonne, mais aussi à Porto et dans d’autres villes du Portugal, au sein d’un groupe international solide, déterminé à créer de la valeur dans chacun des pays où ses compagnies sont implantées. »
L’offre de Lufthansa est en revanche plus floue. Le groupe allemand n’a pas précisé quelle « part minoritaire » il souhaitait acquérir pour mettre en place un « partenariat à long terme ». Il met davantage en avant les liens qu’il a déjà développés avec l’industrie du transport aérien au Portugal jusqu’à présent : ses 353 vols hebdomadaires, ses 500 emplois qualifiés dans le pays et la construction de son nouveau hub MRO près de Porto, qui portera à un millier le nombre de ses collaborateurs. Ceci témoigne de la grande importance que revêt le Portugal pour le groupe Lufthansa.
Mettant en avant le développement de Swiss, Austrian, Brussels Airlines et ITA Airways, il affirme vouloir renforcer la position de Lisbonne en tant que hub sur l’Atlantique, ce qui lui donnerait une position stratégique au sein du groupe.
« Nous souhaitons renforcer la compagnie aérienne nationale portugaise au sein du groupe Lufthansa et en faire la compagnie leader sur l’Atlantique Sud, avec Lisbonne comme plaque tournante stratégique », affirme Carsten Spohr, le directeur général du groupe Lufthansa, soulignant que son offre va au-delà d’un investissement financier. « Avec SWISS, Austrian Airlines, Brussels Airlines et ITA Airways, nous avons démontré comment l’intégration européenne de notre groupe Lufthansa garantit des perspectives d’avenir et de croissance pour nos marchés nationaux et nos plaques tournantes. »










