Le salon MRO Europe qui s’est tenu à Amsterdam la semaine dernière nous a permis de rencontrer Thierry Tosi, le directeur général de la division Service Solutions de Rockwell Collins. Nous profitons cette fois de l’occasion pour nous focaliser sur les services proposés par la société américaine au niveau des avions commerciaux. Entretien.
Pouvez-vous nous en dire plus sur les deux annonces de Rockwell Collins au salon MRO Europe ?
Nous avons signé un accord avec Airbus pour pouvoir proposer en retrofit la nouvelle génération ThreatTrack de notre radar météo MultiScan sur les A320 et A330. La mise à jour des équipements est assez simple et pourra être effectuée dans un court laps de temps depuis nos différents centre de services à travers le monde. La modification n’est pas obligatoire, mais recommandée et nous pensons que la plupart des compagnies vont l’effectuer pour avoir le radar le plus performant possible, et ainsi améliorer la sécurité des vols, le confort des passagers mais aussi réduire la consommation de carburant en déterminant de meilleure route. Cela représente plus de 3000 avions
Nous venons aussi de signer un contrat de support pour la flotte de Beluga d’Airbus. Airbus nous envoyait déjà des équipements, mais ces réparations ne faisaient pas nécessairement partie d’un contrat de maintenance. Avec cet accord, Airbus et Rockwell Collins dispose d’une quantité d’équipement sous contrat avec les prix et les temps de réparation déjà engagés. Airbus est un client important, compte tenu de l’ensemble de nos relations, aussi bien sur le civil que sur le militaire. Pour les A300-600ST d’Airbus, ces avions sont basés à Toulouse et nous y avons un centre de service. Il fallait simplement trouver les conditions qui permettent aux deux parties d’être satisfaites et de pouvoir entretenir des échanges dans la maintenance assez facilement.
787, CSeries, 737 MAX et maintenant 777X. Quel sera l’impact de la forte montée en puissance de Rockwell Collins sur les avions commerciaux en termes de services ?
Le Boeing 787, de par la quantité d’équipements Rockwell Collins à bord, nous a permis de développer une offre de services assez différente de ce que nous proposions auparavant. Cette offre se base sur une solution intégrée qui comprend la réparation, les rechanges -aussi bien sur site qu’en pool- et de combiner cette offre avec nos centres de réparation situés dans chaque région du monde. Nous avons aussi des pools de « spares » dans ces mêmes régions, chacun associé à son centre de réparation. Cela permet un retour très rapide des équipements dans le pool. C’est une vraie valeur ajoutée par rapport à la concurrence.
Nous avons ainsi créé une offre flexible baptisée « Dispatch 100 » pour couvrir 100% des besoins. Cette offre a été largement adoptée par le marché, car à l’heure actuelle, la moitié de la flotte mondiale de 787 en service est sous contrat, soit sous contrat Dispatch 100, soit sous des contrats de maintenance hybrides. Ces derniers se différencient par le fait que certains opérateurs préfèrent posséder des rechanges sur site, notamment ceux figurant sur la MEL (Minimum Equipment List), tout en ayant accès au pool pour les autres.
La bonne performance de notre offre de services sur le 787 commence à avoir aussi un impact sur nos capacités à offrir des solutions sur le 737 MAX et le 777X. De plus, notre niveau de performance en termes d’exécution au niveau des réparations a également contribué à la reconnaissance de notre réputation pour les services globaux. Plusieurs compagnies aériennes qui avaient sélectionné des fournisseurs de MRO pour des contrats de type « nose-to-tail » ont par exemple extrait la partie Rockwell Collins pour signer directement avec nous. Nous offrons aussi le même type de solutions pour l’A350 et bien entendu pour les CSeries. Nous sommes évidemment au début de ces programmes, mais ils sont prometteurs. Enfin, nous avons aussi développé une politique de coopération avec les départements MRO des avionneurs, par exemple sur les programmes GoldCare de Boeing ou FHS d’Airbus, pour que nous puissions répondre à leurs besoins avec nos capacités de réparation. Il en va de même pour les agrégateurs de services de maintenance.
Avec l’arrivée de ces avions de nouvelle génération, comment va évoluer le site de Toulouse ?
Le site de Toulouse est notre centre de réparation pour les avions commerciaux en Europe. Toutes les réparations du continent sont évidemment aiguillées sur Toulouse qui aura toutes les capacités pour les nouveaux appareils. C’est d’ailleurs déjà le cas pour le 787, mais aussi pour l’A350, car le centre toulousain vient en soutien de la production du nouvel Airbus.
Il en sera de même pour le 737 MAX, compte tenu de la communité des équipements avec le 787 et pour respecter l’engagement d’avoir des capacités dans toutes les régions du monde vis-à-vis des grands avionneurs. Il est à noter que cette année nous avons été reconnus numéro 1 au niveau de la satisfaction client à la fois chez Airbus, chez Boeing et chez Bombardier. C’est un succès extraordinaire pour Rockwell Collins et nous en sommes très fiers.
Prévoyez-vous d’étendre vos capacités en Chine au regard des prévisions de croissance de la flotte ?
Nous sommes présents en Asie avec notre centre de services de Singapour ainsi qu’avec une joint-venture créée avec China Eastern à Shanghaï pour les réparations. Nous pourrons évidemment rajouter des capacités supplémentaires en Chine en fonction des besoins et des volumes. Ce sont des investissements qui pourront être importants, mais qui afficheront un bon retour sur investissement compte tenu des volumes. Nous arbitrerons en fonction de ce que peut faire notre établissement singapourien.
Qu’en est-il d’Intertrade ?
Intertrade est une structure spécialisée dans la gestion des pièces usagées et qui fait partie de l’organisation des services de Rockwell Collins. Elle offre des USM (Used Serviceable Material) qui peuvent servir à des clients du monde entier. Nous avons différents centres de stockage, à Londres, à Singapour et à Memphis, qui proposent aux clients des pièces détachées qui ne proviennent d’ailleurs pas nécessairement de chez nous – 80% des pièces détachées d’Intertrade sont des pièces non Rockwell Collins. Cela permet de créer un certain équilibre entre nos offres intégrées de maintenance, nos capacités de réparation, nos produits, et les offres de pièces usagées non Rockwell Collins, aussi bien dans le civil que dans le militaire.









