Transavia France vient tout juste de fêter les dix ans de son lancement. Filiale d’Air France et de Transavia Pays-Bas, elle avait en effet inauguré ses opérations en mai 2007 avec un vol entre Paris et Porto. La naissance avait été difficile et le développement de la low-cost a parfois été douloureux, notamment en raison des limitations négociées par les pilotes d’Air France au moment de l’accord initial de création. Mais Transavia France a réussi à se faire une place dans le groupe. Et si elle reste une petite compagnie par rapport à ses concurrentes, elle a également réussi à se faire une place dans le monde des low-cost en France. Nathalie Stubler, sa présidente, fait le bilan de ces dix années.
Pouvez-vous nous faire un rapide bilan de ces dix premières année de Transavia ?
Le bilan de Transavia sur ces dix dernières années, c’est une croissance extrêmement forte. Transavia a commencé avec quatre avions ; aujourd’hui on en a 29 – le 29ème entre dans la flotte le 31 mai. Et si nous regardons les cinq dernières années, entre 2011 et 2016, nous avons multiplié par plus de trois le trafic avec 1,6 million de passagers l’an dernier. Nous avons aussi multiplié par trois la flotte en passant de huit à 26 avions et nous avons embauché environ cent collaborateurs par an. C’est donc une croissance vraiment importante qui nous a positionnés comme la première low-cost au départ d’Orly.
Plus qualitativement, nous avons réussi à gagner en popularité : nous sommes la low-cost préférée de nos clients français, 70% des personnes interrogées disent nous connaître quand ils étaient moins de 30% il y a quatre ans.
Quel va être l’impact sur les embauches des quatre nouveaux 737-800 introduits cette année dans la flotte ?
En prenant en compte les départs, les embauches, – parce que vous savez qu’il y a aussi des pilotes qui sont détachés chez Transavia mais qui repartent chez Air France -, nous allons embaucher environ 75 CDI nets cette année.
Au sujet des pilotes détachés, l’accord a fait l’objet de discussions et nous nous sommes mis d’accord sur des révisions récemment. Les amendements nous permis de lever un certain nombre de contraintes d’ordre commercial qui subsistaient encore dans nos accords.
Quel genre de contraintes ?
Nous allons pouvoir profiter vraiment de la puissance commerciale du groupe sur les marchés français et européen. Les commerciaux d’Air France-KLM vont pouvoir intégrer Transavia dans les contrats entreprise. Et depuis le 17 mai, le site Internet d’Air France permet de visualiser les vols de Transavia sur les destinations qui lui sont propres. Nous allons continuer à enrichir cette offre jusqu’à pouvoir vendre sur le site Air France. A partir de la saison hiver IATA, les accords de codeshare vont être rendus possibles et nous devrions voir apparaître le code Air France sur les routes Transavia qui sont propres à Transavia. Cela va nous donner plus de visibilité donc plus de recettes. Enfin, les clients Flying Blue peuvent désormais utiliser leurs miles et en gagner sur le réseau Transavia.
Comment souhaitez-vous imprimer votre marque à la compagnie ?
Je suis arrivée il y a un peu plus d’un an chez Transavia mais je connaissais bien la compagnie car j’étais déjà au conseil de surveillance de l’entreprise et j’avais participé à l’évolution du réseau puisque j’étais aussi en charge du réseau au niveau du groupe. Je dirais que j’ai essayé de renforcer la culture du résultat à court terme car l’année 2015 avait été difficile pour Transavia. Il y avait eu les attentats en France et ceux en Afrique du Nord et tout cela avait mis en difficulté certaines de nos routes en Afrique du Nord, en Egypte, en Tunisie et au Maroc. Nous nous sommes adaptés, c’est le côté agile d’une low-cost : nous avons réduit l’offre puis remise quand nous avons vu que le marché repartait, comme le Maroc qui est une destination qui bouge. Donc l’idée était de remonter cette culture du résultat à court terme, comment on fait progresser l’entreprise, nous avons mis la tension dessus pour mobiliser un petit peu tout le monde.
Que pensez-vous de l’abandon du projet de bases européennes ?
Le président du groupe a été clair lors de la présentation de Trust Together, Transavia c’est au départ de la France et des Pays-Bas donc les bases à l’étranger ne sont plus une priorité. C’est comme ça que Transavia Pays-Bas a décidé de fermer Munich, cela mettait trop de temps pour atteindre la rentabilité. Notre action et notre vision s’inscrit dans cette feuille de route du projet Trust Together.
Quels sont les prochains développements pour Transavia, à court terme et sur les dix prochaines années ?
La croissance va continuer en 2017. En siège kilomètres offerts, elle sera de 14% sur l’année et sera particulièrement importante sur nos marchés phares, comme le Portugal, le Maroc et l’Espagne. Une très belle croissance, avec de nouvelles routes et de belles augmentations de fréquences.
A plus long terme, l’ambition c’est toujours quarante avions en 2020. Pour la partie plus qualitative, c’est vraiment d’être la low-cost préférée parce que dans ce monde des low-cost, le prix n’est pas très différenciant en général mais il faut pour qu’on puisse continuer à se différencier pour attirer les clients. C’est ce qu’on va faire dans les cinq ans à venir.
Pour l’instant, la feuille de route a été donnée dans le reste du groupe à l’horizon 2020. Au-delà, cela fait l’objet de discussions avec l’actionnaire.









