Aerion a fait sensation au salon NBAA. La société américaine a remporté son premier contrat de Flexjet pour son avion supersonique le 17 novembre au salon de l’aviation d’affaires, qui se déroule à Las Vegas. Flexjet a passé une commande ferme pour vingt AS2. En parallèle, Aerion a annoncé un renforcement de son partenariat avec Airbus et redéfini son calendrier de développement.
Flexjet est donc la première cliente à afficher sa confiance en l’avenir du jet d’affaire supersonique. Son président Kenn Ricci a déclaré à l’occasion de cet engagement de la société de propriété partagée d’avions d’affaires : « dans toute son histoire, Flexjet a été à la pointe de la technologie, intégrant le meilleur en termes de performance, confort et capacités. Aujourd’hui, nous sommes fier de franchir le prochain et immense pas dans le voyage d’affaires en offrant ce qui sera le premier avion supersonique commercial depuis une génération. »
Aerion continue quant à elle d’avancer sur son projet. Elle a annoncé un renforcement de son partenariat avec Airbus : le groupe lui donnera un accès plus large aux ressources d’Airbus North America (par exemple en ingénierie, dans la gestion de la chaîne de fournisseurs ou les relations avec les services gouvernementaux). Ce partenariat, initié en septembre 2014, prévoyait déjà un soutien technique et de certification de la part d’Airbus DS en échange d’un accès aux recherches et aux brevets d’Aerion. Airbus se chargera également de fournir les composants majeurs du jet et Aerion prendra en charge l’assemblage final.
Pour cela, la société américaine cherche également un site de production aux Etats-Unis. Elle indique qu’elle compte prendre une décision au cours du premier semestre 2016 pour une entrée en opération des installations en 2018. Plusieurs caractéristiques sont recherchées pour l’établissement de ce campus, notamment une surface disponible de 40,5 hectares sur un aéroport majeur doté d’une piste de 2 740 mètres, située à moins de 370 km d’une zone pouvant accueillir des essais supersoniques, probablement au large des côtes. L’idéal serait également qu’elle se situe dans une zone où l’industrie aéronautique est bien implantée et à proximité d’un port en eau profonde.
Le premier semestre 2016 devrait être un moment fort du programme AS2 puisqu’il verra son lancement officiel avec l’annonce de la sélection de la motorisation. Aerion souhaite que le moteur respecte le chapitre 4 de la réglementation OACI en termes de niveau sonore, « un objectif difficile pour un moteur supersonique à faible taux de dilution mais des solutions sont en vue avec la technologie d’aujourd’hui », juge Doug Nichols, le CEO d’Aerion.
L’AS2 sera un trimoteur capable de voler à une vitesse maximale de mach 1,5 et d’atteindre une altitude de 51 000 pieds. Capable d’accueillir jusqu’à 12 passagers, il aura un rayon d’action de 8 800 km (4 750 nm) s’il vole à vitesse supersonique mais pouvant atteindre 9 815 km (5 300 nm) en restant à vitesse subsonique de mach 0,95. Il devrait réaliser son premier vol en 2021 – un glissement de deux ans par rapport au calendrier dressé en 2014 – et entrer en service en 2023.
D’une longueur de 51,8 m, il devrait proposer une cabine de 9,1 m de long. Celle-ci sera conçue par Inairvation, une coentreprise entre Lufthansa Technik et F/List, qui a pour partenaires privilégiés Design Q (qui a dessiné la cabine du Global 7000 de Bombardier) et Schott (pour l’éclairage).
Son envergure devrait atteindre 18,6 m, avec une voilure dessinée selon la technologie SNLF (Supersonic Natural Laminar Flow) brevetée par Aerion. Le concept a été testé en soufflerie et en vol par la NASA. Ayant recours à de nouveaux matériaux comme la fibre de carbone et de nouveaux outils d’analyse, l’aile SNLF limite la traînée de frottement de la cellule par rapport à d’autres concepts liés au vol supersonique, comme l’aile en flèche ou l’aile delta (traînée réduite de 20% par rapport à une configuration delta), améliorant les performances techniques et de consommation carburant de l’appareil.

