Airbus doit-il remercier les Etats-Unis ? Selon l’agence de presse russe Ria Novosti reprenant le quotidien russe Vedomosti le 6 mai, la rudesse américaine lors des négociations menées avec la Russie pour l’adhésion de celle-ci à l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) a fait pencher la balance d’Aeroflot vers Airbus. La compagnie nationale russe négocie en effet depuis plusieurs mois un contrat portant sur une trentaine d’appareils et hésite entre les deux dernières créations des grands constructeurs Boeing et Airbus : B787 ou A350.
La décision aurait été prise le 27 avril dernier, lors du conseil d’administration d’Aeroflot. Cependant, selon Lev Kochliakov, le Directeur Général Adjoint de la compagnie, celle-ci n’était pas prête à la rendre publique immédiatement. L’annonce officielle ne devrait plus tarder.
Aeroflot a en effet besoin de ces appareils long-courriers pouvant transporter entre 200 et 250 passagers. La commande porterait sur vingt-deux appareils livrables à l’horizon 2014 et serait complétée par douze biréacteurs supplémentaires entre 2015 et 2017. Elle est évaluée à 3 milliards de dollars, selon le prix au catalogue.
Si le moindre doute subsistait dans l’esprit des directeurs d’Aeroflot, le discours de Dick Cheney à Vilnius le 4 mai lors d’un sommet consacré aux relations de l’Union européenne et de l’Otan avec les ex-Républiques soviétiques a pu les renforcer dans leur décision. Le vice-Président américain a en effet prononcé une allocution assez rude, accusant la Russie de bafouer les droits de l’Homme et d’utiliser ses ressources énergétiques comme moyen de pression politique. Des accusations que Moscou a peu appréciées et à cause desquelles le gouvernement aurait décidé de prendre des mesures répressives à l’encontre des industries américaines.








