« On a tendance à l’oublier en France mais le Canada n’est pas en crise. » Et les résultats annuels records qu’a publié Air Canada le 11 février ne démentent pas cette déclaration de David Gégot, le directeur général France, Espagne et Portugal de la compagnie. Air Canada a en effet publié le meilleur bilan de son histoire en 2014.
Le résultat d’exploitation a atteint 815 millions de dollars, enregistrant une hausse de 31,7%, et le bénéfice net culmine à 531 millions de dollars, après avoir profité d’une croissance de 56,2% par rapport à 2013. Air Canada a augmenté ses capacités de 7,8% et son trafic de 8,5%, une performance atténuée par une érosion de 1,3% de la recette unitaire. Mais le nombre de passagers a atteint 38,5 millions de passagers, dont trois millions pour la filiale loisir Rouge.
Une stratégie de croissance maîtrisée
La performance d’Air Canada s’explique notamment par la force de son réseau intérieur. « C’est le moteur de la compagnie, il représente 80% de notre chiffre d’affaires », nous avait expliqué David Gégot en novembre dernier. Mais ce n’est pas tout.
« Il y a aussi eu énormément de travail sur la maîtrise des coûts. Nous avons mis en place des plans drastiques d’économies, qui passent de la renégociation des accords collectifs avec nos syndicats à celle de nos contrats fournisseurs et des déménagements. A cela s’ajoute une croissance maîtrisée », avec l’arrivée de nouveaux appareils de nouvelle génération remplaçant ceux qui partent chez Rouge.
« Nous avons réussi avec Rouge à introduire un nouveau modèle. Nous avons pu ouvrir beaucoup de lignes parce que l’économie de cette compagnie est un peu différente : les appareils ont été densifiés, la classe affaires retirée. Cela nous a permis d’attaquer des marchés nouveaux, comme Nice – Montréal : nous savions qu’il y avait du potentiel sur cette ligne mais aussi qu’avec notre structure actuelle de coûts à Air Canada, elle ne serait pas rentable. »
Le repositionnement de Toronto en hub
Depuis quelque temps, Air Canada a aussi engagé des aménagements dans ses programmes de vol pour transformer Toronto en hub et faire de la plateforme une entrée privilégiée vers les Etats-Unis. « C’est pour nous un marché de croissance parce que nous n’y étions pas vraiment positionnés. » « Les clients peuvent passer les douanes américaines à Montréal ou à Toronto sans avoir à récupérer leur valise. Ensuite, ils arrivent aux Etats-Unis au terminal domestique et n’ont donc pas à passer au contrôle des passeports sur place », explique David Gégot.
Bien que les aéroports canadiens soient plus petits et facilitent donc les correspondances, « aller aux Etats-Unis par le Canada n’est pas une voie naturelle dans l’esprit du client. » Des ajustements tarifaires sont donc mis en place.
Perspectives 2015
En 2015, Air Canada va rester « focalisée sur la gestion prudente de la capacité et sur une stratégie de tarification axée sur la demande du marché qui, dans l’ensemble, est restée forte en ce début de 2015 », annonce Calin Rovinescu, son PDG. Les capacités devraient tout de même augmenter de 9 à 10%. Plus de la moitié de cette croissance sera réalisée par Rouge et 38% par le développement des lignes internationales d’Air Canada.
Une croissance de 3,5 à 4,5% est attendue sur le réseau intérieur, principalement portée par les lignes transcontinentales. Certains 787 et 777 seront d’ailleurs positionnés à Toronto et Vancouver.
D’un point de vue plus financier, la compagnie estime que la récente baisse des prix du carburant « devrait engendrer d’importantes économies de coûts en 2015 », malgré la volatilité qui caractérise le cours du baril. Air Canada prévoit donc « d’accroître sensiblement le bénéfice net ajusté, de réduire la dette nette ajustée et de renforcer encore davantage [sa] situation financière. »









